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Un Nobel pour les secrets du vieillissement
Agence Science-Presse,
(Agence Science-Presse) Vieillissement et cancer, même combat :
car un des mécanismes qui pourrait interrompre le vieillissement... est
aussi celui qui cause le cancer!
C’est cette énigme majeure, sur
laquelle la médecine trébuche depuis 20 ans, qui vient de mériter à ses
pionniers le Nobel de médecine 2009.
Trois caractéristiques du trio - Nobel de médecine 2009
- Ce sont trois Américains
- Mais deux sont d’origine étrangère : Elizabeth Blackburn, 61 ans, qui conserve la double nationalité australienne
et américaine, et Jack Szostak, 57 ans, né en Grande-Bretagne
et qui a
grandi au Canada. Il a commencé ses études universitaires à l’Université
McGill, avant de quitter pour les États-Unis.
- Deux sont des femmes : Blackburn et Carol Greider, 47 ans. C’est une première dans l’histoire du Nobel de médecine.
À l’époque, ce qui avait été découvert semblait pourtant à des
lieues de toute application pratique : à l’intérieur de nos cellules, il
existe un mécanisme de protection qui empêche notre matériel génétique
de se dégrader, au fur et à mesure que nos cellules se divisent et que
nos gènes, par conséquent, se divisent aussi.
On appela ce mécanisme de protection le télomère : il s’agit d’une
structure située aux deux extrémités de chaque chromosome. Cette
structure a souvent été comparée à l’embout de plastique qui, à
l’extrémité de nos lacets, empêche ceux-ci de se défaire.
La découverte de cette structure à
la fin des années 1970 puis de
l’enzyme qui l’alimente, la télomérase, n’était pas une quête des
mécanismes du vieillissement, ni du cancer. Mais rapidement, on allait
s’apercevoir qu’on avait mis le doigt sur quelque chose de fondamental:
plus nos cellules se divisent, et plus les télomères raccourcissent.
Passé un certain point,
la cellule n’est plus capable de reproduire
convenablement son matériel génétique : elle cesse donc de se diviser.
C’est le vieillissement qui fait son œuvre.
Elizabeth Blackburn, aujourd’hui à l’Université de Californie,
pourchassait les télomères depuis son post-doctorat, à la fin des années
1970. En compagnie de Jack Szostak (Université Harvard), elle démontra
que cette même structure microscopique était apparemment universelle,
chez tous les êtres vivants. Carol Greider (École de médecine Johns
Hopkins), une étudiante de Blackburn,ajouta à cela la découverte de la télomérase, en 1984.
Dès que le lien entre télomère et vieillissement devint évident, le
travail de pionniers comme eux prit donc une importance considérable :
pourrions-nous un jour retarder la dégradation des télomères?
Suffirait-il d’« injecter » des suppléments de télomérase dans la
cellule pour prolonger la durée de vie des télomères?
Le télomère est même un des rares termes de la biologie cellulaire à
avoir presque pénétré la culture populaire : il revient souvent sur la
table, parce que les investissements dans les recherches sur le
vieillissement ont grimpé en flèche au cours des deux dernières
décennies.
Et le cancer, dans tout cela? Il s’est accroché au passage, parce
qu’une cellule qui aurait dû normalement cesser de se diviser, mais qui
continue de le faire indéfiniment, ce n’est pas un signe d’immortalité :
c’est un cancer. De fait, depuis les années 1990, on a découvert que la
présence d’un surplus de télomérase est souvent associé aux cas de
cancer. D’où la boîte de Pandore que ces trois chercheurs ont contribué à
ouvrir : comment retarder le vieillissement... sans cancer?
Parenthèse politique
L’énigme télomère-télomérase a même mis un doigt dans la politique.
Les experts en cellule souche se sont aperçus, au tournant des années
2000, que la production de télomérase est plus élevée dans les cellules
souches, ce qui a amené Elizabeth Blackburn à critiquer la décision
d’alors du président George W. Bush de suspendre le financement
gouvernemental de la recherche sur les cellules souches. En 2004, elle a
été éjectée du Conseil de la bioéthique, un organisme aviseur créé par
la Maison-Blanche, en même temps que d’autres membres qui avaient fait
part de leur désaccord.Son récit du « dysfonctionnement » de ce Conseil s’est ajouté à une longue liste
de récriminations des scientifiques sur l’ingérence des pouvoirs
politiques dans la recherche scientifique.
Pascal Lapointe
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Lettres - Qui nomme les incompétents?
Pierre Deschênes - Montréal, le 9 février 2012
11 février 2012
Un avis du directeur du budget fédéral, Kevin Page, concluant à
l'absence de crise et à l'inutilité de s'inquiéter outre mesure
sur le
financement futur du programme de la Sécurité de la vieillesse, lui a
valu aussitôt la réplique cinglante du ministre Flaherty
qualifiant son
rapport de «non fiable et non crédible».
Si tel est le cas, à qui doit-on imputer la faute de nommer de tels «incompétents» à des postes de hautes responsabilités?
Pierre Deschênes - Montréal, le 9 février 2012
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L'état et le vieillissement de la population au Québec
Nous sommes plus pauvres et surtout moins nombreux

Dans le cadre de la sortie de son livre L'état contre les jeunes nous
avons invité l'auteur et chroniqueur Éric Duhaime à expliquer son point
de vue, pour le bénéfice de nos lecteurs. Un conflit de classe
générationnel?
« Je pense que » si l’on ne
s’intéresse pas rapidement à l’iniquité grandissante entre les
générations au Québec, un conflit éclatera inévitablement entre les
jeunes opposés à la confiscation d’une trop grande part de leurs revenus
et les retraités hostiles à toute réduction de leurs privilèges.
Les électeurs de la génération du
baby-boom avaient intérêt à élire des politiciens qui proposaient un
accroissement de la taille de l’État. Plus d’État signifiait pour eux
plus d’emplois assortis d’une sécurité en béton et plus de services
publics toute sorte (infrastructures, santé, éducation, services sociaux
et régimes de retraite), le tout étant rendu possible par le transfert
d’une partie de la facture à ceux qui allaient suivre, notamment sous
forme de dette publique. On voit donc que l’intervention l’État – lire
aussi l’investissement public– aura suivi cette génération tout au long
de sa vie. Ainsi, on s’intéressera à l’éducation au début des années
1960 avec la commission Parent. Vingt ans plus tard, la priorité ira aux
baisses d’impôts alors que la même génération sera établie sur le
marché de l’emploi. Et au cours des dernières années, la grande affaire
est naturellement devenue la santé alors que, vieillissants, les boomers
commencent à s’en inquiéter. On discutera aussi de plus en plus,
soyons-en assurés, de sécurité publique, même si le taux de criminalité
diminue. C’est que, plus on vieillit, plus on a peur.
En revanche, les électeurs des
générations dites« X », « Y » et bientôt « Z », ont eux intérêt à ce que
soient réduites la taille et l’intervention de l’État. Pour nous,
l’État, c’est le relevé de compte négatif de la carte de crédit de nos
parents, transféré à notre nom. Nous payons certes pour une partie des
services que nous utilisons, mais nous écopons aussi et surtout pour les
dépenses qui ont été effectuées par ceux qui nous précédaient. Si les
plus jeunes réclament en grand nombre que la société se libère de
l’étatisme, ce n’est pas parce que la jeunesse a changé dans son
essence, mais bien parce que le Québec a changé : nous n’avons
collectivement pas les mêmes intérêts que ceux et celles qui avaient
notre âge il y a vingt, trente ou même quarante ans.
Je suis toujours exaspéré quand
certains boomers accusent leurs enfants d’être des « Tanguy », ces
fainéants qui ne décollent jamais du nid et abusent de la générosité de
leurs parents. Ce que les boomers laissent ainsi sous-entendre, c’est
qu’ils ont une éthique du travail supérieure à celle de leurs cadets,
eux qui à notre âge travaillaient déjà, avaient des enfants, une maison,
etc.
Il y a d’intéressantes données de
Statistique Canada qui montrent qu’effectivement, les enfants restent
aujourd’hui plus longtemps dans le foyer familial. Toutefois, on
découvre vite que ce n’est probablement pas par choix. L’écart
économique entre les générations s’est creusé de façon alarmante au
cours des trente dernières années. À titre d’exemple, les 24-34 ans se
sont appauvris de 12 % entre 1984 et 2005, tandis que les 45-54 ans et
les 55-64 ans voyaient leur richesse augmenter de 53 % et 69 % sur la
même période. Résultat : si en 1984, les jeunes de 25 à 34 ans étaient
trois fois moins riches que leurs parents de 55 à 64 ans, ils sont
aujourd’hui près de six fois plus pauvres, et le fossé continue de se
creuser.
Nous sommes plus pauvres et surtout
moins nombreux. En 1986, on comptait sept travailleurs par retraité.
Aujourd’hui, il y en a seulement trois, et en 2020, soit dans huit ans à
peine, cette proportion tombera à deux travailleurs par retraité.
L’impact sur nos politiques publiques sera majeur.
« Je pense que » la définition même
de la jeunesse change au Québec. En 1960, être jeune, c’était avoir
moins de 20 ou 25 ans. Aujourd’hui, on peut être dit « jeune » à l’orée
de la cinquantaine. Prenons l’exemple patent des douze « jeunes »
députés du Parti québécois qui invitaient publiquement en juin 2011
l’ancien premier ministre Jacques Parizeau à leur faire une place dans
le débat. La moyenne d’âge de ces douze jeunes autoproclamés était de
plus de 35 ans, et certains d’entre eux avaient la quarantaine bien
entamée.
Par son extension troublante, c’est
aussi cette définition de la jeunesse qui bloque professionnellement de
nombreux membres des générations X, Y et Z. Dans de nombreuses
entreprises ou dans la fonction publique, les gestionnaires boomers
s’accrochent. Ils se disent sans doute que ces « jeunes »de 40 ans
passés peuvent bien attendre encore un peu avant de prendre la relève.
Le 29 avril 1970, les Québécois
élisaient au poste de premier ministre Robert Bourassa, alors âgé d’à
peine 36 ans. Quand les boomers ont ainsi porté au pouvoir l’un des
leurs, personne n’a prétendu qu’il était « trop jeune ». Durant la
campagne électorale québécoise de 2007, Mario Dumont avait le même âge,
et on le lui a souvent reproché. Cherchez l’erreur… On peut même penser
que ce reproche a pu le priver des quelques votes qui lui ont manqué
pour gagner.
Aujourd’hui, la première cohorte de
boomers a atteint l’âge de la retraite. Selon l’Institut de la
statistique du Québec, le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et
plus au Québec se hissera de 16,5 %en 2011 à 27,4 % en 2033.
Ceux qui s’inquiètent de la
surreprésentation politique des boomers doivent donc savoir que la
situation ne fera qu’empirer. Contrairement à leurs parents, les boomers
bénéficient de gros fonds de pension et ont plus de temps pour
s’impliquer socialement ou politiquement. Présentement, le « lobby gris »
prend d’assaut de nombreux organismes dans lesquels, bénévolement ou
non, ils sont engagés pour faire avancer leurs propres causes et
intérêts. « Je pense que » ce militantisme accru des retraités fera
pencher encore davantage la balance des faveurs politiques en direction
de cette génération du Peace and love…
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Débat sur le Plan Nord - Un boum minier au profit de qui?
Péquistes et solidaires condamnent les libéraux, qui refusent de prendre
systématiquement des participations dans les projets
Alexandre Shields 31 janvier 2012
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
L’épineux
dossier du Plan Nord a donné lieu à une discussion pour le moins
franche hier, à HEC Montréal. La députée péquiste Martine Ouellet et
le
député solidaire Amir Khadir ont carrément accusé les libéraux de brader
les ressources naturelles du Québec. Le ministre délégué aux Finances,
Alain Paquet, a répliqué en qualifiant ses adversaires de théoriciens du
complot.
Grâce aux milliards de dollars qu'il compte investir dans son Plan
Nord, le gouvernement Charest espère faciliter un boom minier déjà bien
entamé.
Mais il n'est pas question de s'engager dans un plan de prise de
participation systématique dans les projets prometteurs qui iront de
l'avant. C'est
ce qu'a martelé hier le ministre délégué aux Finances,
Alain Paquet, dans le cadre d'une série de panels organisée hier à HEC
Montréal pour débattre du «chantier d'une génération». Ce dernier a
aussi repris la maxime libérale selon laquelle le débat sur les
redevances est clos.
Pour le moment, Québec a prévu de prendre des participations dans
des projets miniers pour un montant total de 500 millions de dollars.
Cette somme
est jugée nettement insuffisante par plusieurs économistes,
qui font valoir que les minières ont déjà prévu des projets
d'exploration et d'exploitation pour un total de 20 milliards de
dollars. Le Parti québécois a par exemple ouvert la porte à des
«participations majoritaires» dans certains projets jugés
«stratégiques».
L'ancien premier ministre Jacques Parizeau a aussi invité le
gouvernement à assujettir toute aide publique à un mécanisme de
réciprocité qui obligerait
les entreprises à céder à l'État une
participation équivalente de leur actionnariat. Uniquement d'ici 2016,
Québec prévoit dépenser 1,2 milliard pour développer des infrastructures
qui serviront d'abord aux entreprises qui souhaitent exploiter des
gisements au bénéfice de leurs actionnaires.
Mais le ministre Paquet a refusé de s'engager dans une telle avenue,
allant même jusqu'à associer de telles idées aux défunts régimes
totalitaires.
«Il y aura des participations, mais pas dans tous les
projets. On ne met pas de règle arbitraire.» Pourquoi ne pas statuer que
l'État pourrait prendre, globalement, une participation de l'ordre de
40 %, ou encore 50 %? «En économie, bien que les États, en Union
soviétique ou ailleurs, aient eu la
volonté d'appliquer des règles
absolues et arbitraires, ça n'a pas été [un succès] économique, social
ou environnemental. On se souvient encore de l'Europe de l'Est», a-t-il
laissé tomber.
Il estime en fait que des engagements financiers trop importants
pourraient nuire aux autres missions de l'État. «Il y a des
investissements importants
qui vont être faits, mais ce n'est pas vrai
que je peux recommander au gouvernement de prendre 100 % des risques
dans l'exploration. Si on met
l'argent là, acceptons de ne pas mettre
davantage d'argent dans les universités, acceptons de ne pas mettre
davantage d'argent en santé, acceptons
de ne pas faire des
investissements dans nos infrastructures, qui ont été longtemps
négligées.»
Selon lui, «on a le potentiel de réussir le Québec, non pas sur la base
d'une vision dogmatique où l'État dit tout le monde ce qu'il doit faire,
mais où
l'État a un rôle à jouer». Dans le cadre du Plan Nord, l'État
aura effectivement un rôle important. Hydro-Québec doit notamment
développer pour pas
moins de 47 milliards de dollars de projets. Et
toujours plus vers le nord, avec l'augmentation des coûts que cela
implique. Une autre tranche de 33 milliards servira au déploiement de
l'industrie minière et des infrastructures. Impossible cependant de
savoir quelle portion de cette facture sera
acquittée à même le trésor
public. On sait toutefois que l'État devra acquitter la totalité de la
facture de 900 millions pour la restauration des
sites miniers
abandonnés.
Sans prendre clairement parti pour des participations de l'État dans les
projets miniers, le président de Raymond Chabot Grant Thornton
Infrastructure, Emilio Imbriglio, a toutefois souligné que les minières
ne seraient pas nécessairement effrayées, du moment que les règles sont
claires. «Les entreprises sont réfractaires au manque de transparence.
Elles ne sont pas réfractaires à la transparence. Donc, si on veut
adopter des règles de contenu québécois ou une structure quelconque,
l'important est de le dire tôt et qu'on ne change pas les règles.» Il a
aussi dit que les fonds de travailleurs —
qui gèrent plus de neuf
milliards de dollars d'actifs d'épargnants québécois — pourraient très
bien investir dans le secteur.
3000 % de zéro?
Reprenant le discours de ses collègues, Alain Paquet a par ailleurs
maintenu fermée la porte aux discussions au sujet du régime de
redevances.
Selon lui, le Québec pourrait bien les augmenter à «3000 %»,
mais si cela fait fuir les minières, «3000 % de zéro, ça donne zéro».
Le ministre a même cité M. Parizeau, qui avait salué la hausse de 12 % à
16 % décrétée par le gouvernement. L'ancien premier ministre a plutôt
dit,
en entrevue au Devoir, que cette augmentation ne représentait «pas
grand-chose», avant d'ajouter qu'il est difficile de bien comprendre ce
qui revient réellement à l'État, tant le calcul des redevances et des
mesures fiscales offertes aux minières est «complexe».
La députée péquiste Martine Ouellet a d'ailleurs déploré hier que Québec
ne dévoile pas de chiffre «mine par mine» pour les redevances perçues.
Elle a aussi rappelé qu'en 2010, 10 compagnies minières sur 19 n'en ont
payé aucune. Pour 2011, l'État aurait reçu plus de 300 millions en
redevances. Un montant duquel il faudrait déduire les mesures fiscales
offertes aux minières. Les entreprises ont quant à elles exploité pour
huit milliards de dollars de ressources qui appartiennent théoriquement
aux citoyens.
En plus de réclamer un «débat» sur la question des redevances, la
députée de Vachon a plaidé pour des engagements fermes dans la
transformation du minerai québécois en sol québécois. Une idée tout à
fait plausible dans le cas de certaines ressources, comme les terres
rares, a soutenu le président de l'Association de l'exploration minière
du Québec, Jean-Marc Lulin. Le ministre Paquet n'a pris aucun engagement
à ce sujet.
Bref, le principal problème, a résumé le porte-parole de la Coalition
Québec meilleure mine, c'est que le Plan Nord n'a fait l'objet d'aucun
débat public
avant son lancement. «Alors qu'on fait des consultations
publiques pour les projets d'éoliennes ou encore les aires protégées là,
on nous annonce des investissements de 80 milliards de dollars et on ne
consulte pas la population», a fait valoir Ugo Lapointe. Par exemple,
alors qu'il est souvent question
prolongement de la route 167, le
gouvernement évoque peu que des projets de mines d'uranium sont prévus.
Or, l'exploitation de ce minerai est controversée.
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Quelle démocratie?
Jacques Sideleau - Montréal, le 10 janvier 2012
14 janvier 2012
Je connais un pays qui se prétend démocratique.
Les politiques de ce pays permettent qu'un parti soit porté au
pouvoir même si la majorité des électeurs n'a pas voté pour lui.
Dans ce pays, il existe un Sénat, sorte de «chambre de réflexion», qui a
le pouvoir de revoir et d'approuver ou non les projets de loi proposés
par les élus; pourtant, les membres de ce Sénat n'ont aucunement été
élus par le peuple.
Dans ce pays, il est permis également que le gouvernement décide
d'adopter des projets de loi par la force, soit en bâillonnant les
partis d'opposition qui ne peuvent alors aucunement en débattre en
Chambre.
Le chef d'État de ce pays n'a jamais été élu par le peuple; c'est ainsi depuis plusieurs générations, voire plusieurs siècles.
S'agit-il ici de l'Égypte?... de la Syrie?... de la Corée du Nord?... de tout autre pays gouverné par un dictateur?
Ne cherchez pas si loin puisqu'il s'agit du Canada. Oui, vous avez bien
lu: le Canada! Alors ne parlez plus
de démocratie canadienne...
Jacques Sideleau - Montréal, le 10 janvier 2012
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Nationalité française: acquisition plus difficile, maintien du droit du sol
Nationalité française: acquisition plus difficile, maintien du droit du sol
Sous
l'impulsion de son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, la France a
durci les conditions d'acquisition de sa nationalité en 2011 sans aller
jusqu'à suivre la droite populaire sur la réforme du droit du sol et la
suppression de la double nationalité.
A
partir du 1er janvier, tout étranger aspirant à acquérir la nationalité
française devra justifier d'un niveau de maîtrise du français
équivalent à la 3e des collèges, avoir une connaissance minimale de la
culture et de l'Histoire de la France et signer une charte "des droits
et de devoirs du citoyen".
La
France accorde chaque année sa nationalité à plus de 100.000 étrangers,
des Maghrébins pour la grande majorité d'entre eux, suivis des Turc et
des Russes.
Les
nouvelles conditions ont été décidées au cours d'une année 2011 qui
aura été marquée par de vifs débats sur l'islam et l'immigration, le
ministre de l'Intérieur évoquant des difficultés d'intégration des
étrangers et se fixant pour la première fois un objectif de réduction de
l'immigration régulière.
Une
fois le niveau de français et de culture contrôlé lors d'un entretien
d'assimilation, l'étranger sera appelé à signer une "charte des droits
et devoirs du citoyen français".
Le
document, élaboré par le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), insiste
particulièrement sur le respect de la laïcité et de l'égalité entre les
hommes et les femmes.
Des
dispositions qui visent clairement les musulmans alors que la France a
été amenée à légiférer sur le port du voile intégral dans l'espace
public et à interdire les prières dans les rues.
"Vous
souhaitez devenir Français. C'est une décision importante et réfléchie.
Devenir Français n'est pas une simple démarche administrative. Acquérir
la nationalité française est une décision qui vous engage et, au-delà
de vous, engage vos descendants", souligne la charte instaurée par la
loi du 16 juin 2011 sur l'immigration et l'intégration.
"En
devenant Français, vous ne pourrez plus vous réclamer d'une autre
nationalité", insiste la charte qui rappelle les principes, valeurs et
symboles de la République française.
Claude
Guéant qui plaide pour une "assimilation" par "la langue et par
l'adhésion aux valeurs essentielles de notre démocratie" a répété que la
signature du document, "est un moment de solennité entre la nation
accueillante et la personne accueillie".
En
cas de victoire de la droite en 2012, un tour de vis supplémentaire est
possible. L'UMP s'est en effet prononcée pour un retour à la loi Pasqua
de 1993 sur l'acquisition de la nationalité.
Actuellement,
en vertu du droit du sol, tout enfant né en France de parents étrangers
devient, sauf refus de sa part, automatiquement français à sa majorité
s'il vit en France ou a vécu en France pendant cinq ans depuis ses 11
ans. Quelque 3.000 jeunes Français sont concernés chaque année par cette
automaticité.
Désormais,
un jeune devrait, à 18 ans, "en faire la demande" écrite, préconise le
parti majoritaire parmi les 15 propositions de son "atelier" sur "La
Nation dans la mondialisation", destinées à alimenter le projet pour
2012 du futur candidat Nicolas Sarkozy.
La
démarche d'acquisition de la nationalité serait couplée à "une
cérémonie d'entrée dans la vie citoyenne", en mairie, qui concernerait,
elle, tous les Français atteignant l'âge de 18 ans.
Le
député Claude Goasguen, auteur d'un rapport parlementaire sur la
nationalité, veut exclure des demandes d'acquisition les enfants
d'étrangers entrés en France de façon illégale car, selon lui, il y a
"trop" de "naturalisations".
Figure
de l'aile droite de l'UMP, M. Goasguen a aussi demandé la suppression
de la double nationalité, une revendication également portée par la
présidente du Front national, Marine Le Pen. Il n'a pas été suivi par
son parti sur ce terrain.
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NOUVEL AN CHINOIS (2012)
L'année chinoise du LAPIN DE METAL BLANC a débuté le 3 février 2011
Celle du DRAGON D'EAU commencera le 23 janvier 2012.
Le Nouvel An Chinois 农历新年 (nónglì xinnián) aussi appelé Fête du printemps 春节(chunjié) ou Fête du Têt au Vietnam est la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier. Le terme nónglì xinnián signifie littéralement "nouvel an du calendrier agricole" car il se célèbre suivant le calendrier chinois qui est à la fois lunaire et solaire. Cette fête est un moment dont on profite en prenant des vacances, en se réunissant en famille et entre amis. NouvelAnChinois.org, votre visa pour les festivités !
Le Dragon 龙 (lóng), symbole de l'empereur de Chine est plus excentrique que les autres, idéaliste, et née avec l'idée qu'il est parfait et inflexible. Ils est également agressif et déterminé ; faire ce qu'il veut est une seconde nature chez lui. Il s'entend bien avec le Singe et le Rat, et très mal avec le Chien.
Personnalités nées sous le signe du Dragon :
Andy Warhol, Chuck Norris, Colin Farrell, Courteney Cox, Courtney Love, David Hasselhoff, John Lennon, Keanu Reeves, Kirk Douglas , Lenny Kravitz, Michael Douglas , Michelle Obama, Mickey Rourke, Mr. T, Nicolas Cage, Patrick Swayze, Rihanna, Ringo Starr, Ronaldo, Russell Crowe, ...
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Publié le 01 janvier 2012 à 08h44 | Mis à jour à 08h44
L'Iran teste des missiles, les E.-U. sévissent
Un bateau militaire iranien tire un missile près du détroit d'Ormuz.
Photo: Reuters
| |
Marc BURLEIGH
Agence France-Presse
Téhéran |
L'Iran a tiré dimanche un missile de
moyenne portée lors de manoeuvres navales près du détroit d'Ormuz,
stratégique pour l'approvisionnement pétrolier mondial, quelques heures
après que Washington a renforcé ses sanctions contre le secteur
financier de la République islamique.
«Ce
missile de moyenne portée surface-air est équipé de la technologie la
plus récente pour combattre les cibles furtives et les systèmes
intelligents qui tentent d'interrompre la trajectoire du missile», a
indiqué l'amiral
Mahmoud Moussavi, cité par l'agence officielle Irna.
Il s'agissait du premier test de ce type de missile, «conçu et fabriqué» en Iran, selon lui.
Les manoeuvres navales, entamées le 24 décembre, se déroulent autour du
détroit d'Ormuz, par où transite
entre un tiers et 40% du trafic
maritime pétrolier mondial, et que Téhéran a menacé de fermer en cas de
nouvelles sanctions contre ses exportations pétrolières.
Lundi, ces exercices se termineront par une manoeuvre destinée à tester
la capacité des forces navales à fermer le détroit, selon l'amiral
Moussavi.
«À partir de demain matin (lundi), une majorité de nos unités navales
--de surface, sous-marines et aériennes--
vont se positionner selon une
nouvelle formation tactique destinée à rendre impossible le passage de
tout
navire par le détroit d'Ormuz si la République islamique en décide
ainsi», a affirmé l'amiral, cité par l'agence Isna.
Cette démonstration de force intervient au moment où les pays
occidentaux accentuent leurs pressions sur l'Iran
en raison de son
programme nucléaire controversé.
Samedi, le président des États-Unis Barack Obama a d'ailleurs promulgué
une loi de financement du Pentagone renforçant les sanctions contre le
secteur financier de l'Iran.
Ces mesures «sans précédent et injustifiables» vont engendrer des
«pertes réciproques», a estimé le président
de la Chambre de commerce
iranienne Mohammad Nahavandian, selon Isna.
«Bien que les sanctions aient fait augmenter le coût des échanges
commerciaux de l'Iran, elles ont échoué dans
leurs objectifs politiques
de saper la volonté politique des Iraniens», a-t-il toutefois estimé.
De son côté, le N.2 des Gardiens de la révolution a vivement réagi face à ces sanctions.
«Si les intérêts vitaux de notre pays sont menacés par l'ennemi, nous
répondrons à la menace par une menace de notre part sur plusieurs
fronts», a répliqué le général Hossein Salami, également cité par Isna.
Le prix du pétrole avait grimpé après que le vice-président iranien a
menacé que «pas une goutte de pétrole ne
passe par le détroit d'Ormuz»
en cas de nouvelles sanctions.
Il a cependant de nouveau retrouvé son niveau quand les analystes ont
affirmé que la fermeture d'Ormuz serait un désastre pour l'économie
iranienne et pourrait provoquer une action militaire des États-Unis et
de leurs alliés du Golfe.
Auparavant, le négociateur en chef iranien Saïd Jalili avait affirmé que
Téhéran était prêt à reprendre les discussions avec les puissances
mondiales sur le nucléaire, tout en menaçant d'une «riposte».
«Nous allons lancer une riposte retentissante et sur de nombreux fronts à
toute menace contre la République islamique d'Iran», a-t-il déclaré
devant des ambassadeurs iraniens réunis à Téhéran, cité samedi par les
médias.
Mais lui-même et d'autres responsables iraniens ont laissé la porte
ouverte à une reprise des négociations, suspendues depuis un an,
conduites par la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine
Ashton sur les inquiétudes occidentales au sujet du programme iranien.
«Nous leur avons officiellement dit de revenir aux négociations basées
sur la coopération», a-t-il ajouté,
en référence aux puissances
mondiales impliquées dans les discussions et connues comme
le groupe 5+1
(États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, France, Chine et l'Allemagne).
«Nous allons bientôt envoyer une lettre, après laquelle de (nouvelles)
discussions seront programmées»,
a affirmé de son côté à l'agence Mehr
l'ambassadeur d'Iran en Allemagne, Alireza Sheikh-Attar.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a
cependant réclamé à l'Iran des
«actes concrets et vérifiables» après ces
déclarations d'intention.
Les États-Unis et certains pays européens ont déjà adopté des sanctions
contre les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique iraniens.
Après huit ans d'enquête sur l'Iran, l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA) a publié un rapport
composé d'un vaste
catalogue d'éléments «crédibles» indiquant que le pays avait travaillé à
la mise au point d'une arme nucléaire. Des assertions rejetées par
Téhéran.
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Suppression d'amis
C'est tout Net ! | | 22.12.11 | 14h40
par Olivier Zilbertin
Le sujet du jour est un sujet
sensible. A l'occasion de sa précédente mission d'intérim, le
chroniqueur s'y était attelé, mal lui en prit. Et c'est tant mieux. Cela
prouve au moins que l'amitié - puisque c'est le propos - reste une
valeur cardinale avec laquelle tout le monde n'est pas encore prêt à rire.
A l'époque, une enquête prétendument scientifique avait conclu que le
nombre d'amis sur Facebook était proportionnel à la taille du cerveau.
Non, avais-je écrit alors, "si vous n'avez pas d'amis, cela n'a rien à voir avec la taille de votre cerveau. C'est plus simplement que vous n'avez pas l'aptitude à inspirer spontanément un quelconque sentiment d'amitié. Ni sur les réseaux ni sans doute dans la vraie vie". Cela valut à l'auteur les foudres d'un lecteur qui réclama au médiateur et à la direction de ce journal carrément sa tête.
Tout ça pour dire qu'au moment d'évoquer de
nouveau l'amitié sur Facebook j'avance évidemment avec prudence et
retenue. D'autant que l'on aborde aujourd'hui un thème lourd de
conséquences : il s'agit de supprimer ses amis. Pas physiquement, bien sûr. L'idée est plutôt de comprendre le mécanisme qui peut conduire à effacer un individu de sa liste de contacts. Une question que l'agence Nmincite, filiale de Nielsen-McKinsey, a posée à 1 865 Américains au mois de mars. Résultat :
55 % des personnes interrogées suppriment un ami à la suite de
commentaires offensants de celui-ci. 41 % parce qu'ils ne le connaissent
pas assez. Et 39 % parce que cet ami a essayé de leur vendre quelque chose.
Si vous aussi souhaitez vous débarrasser d'un ami offensant ou méconnu,et que vous ne sachiez pas comment vous y prendre, sachez que c'est très facile. C'est expliqué ici. Méfiez-vous, cependant : un logiciel permet à celui qui l'installe de savoir qui l'élimine de sa liste. Ce serait vraiment dommage de se fâcher avec un ami sous le seul prétexte qu'on veut le supprimer.
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Ron Paul, la revanche du libéralisme classique
Point de vue | LEMONDE.FR | 22.12.11 | 17h44 • Mis à jour le 22.12.11 | 20h40
par Daniel Tourre, premier conseiller du Parti libéral démocrate
Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais pour tous les libéraux de la sphère occidentale le succès de Ron Paul
est le signe qu'après un siècle d'augmentation constante du périmètre
de l'Etat dans la société, le temps du reflux est peut-être arrivé. Et
Ron Paul ouvre plusieurs pistes pour y parvenir.
Des Etats obèses partout dans le monde occidental.
D'abord un constat : contrairement à ce qu'affirment en permanence les
étatistes, jamais l'Etat en Europe ou aux Etats-Unis n'a eu une telle
place dans nos vies en temps de paix. En un siècle le poids de l'Etat
est passé d'environ 15 % du PIB à en moyenne 50 %. En France, nous
avions déjà un Etat centralisé et imposant sous De Gaulle, en une
génération nous avons en plus hérité d'un "infra Etat", des
collectivités locales gourmandes et d'un "super Etat" l'Union européenne
bavarde, sans d'ailleurs que l'Etat national n'est lui-même
significativement diminué de volume. Jamais nous n'avons eu autant de
politiques, de bureaucrates pour nous soigner, nous éduquer, nous diriger, nous commander, nous ausculter, nous subventionner, nous dresser et surtout nous ponctionner.
Contrairement à une légende urbaine, les USA ont suivi une trajectoire
similaire. De l'Amérique de Roosevelt qui a prolongé la crise pendant
une décennie tout en multipliant les bureaucraties aux politiques
Keynésiennes des années 1970 en passant par les multiples guerres,
l'Etat fédéral n'a fait que grossir. Reagan n'a lui-même que très peu diminué la place de l'Etat, mais surtout diminué les impôts sans diminuer les dépenses, en particulier celles destinées au secteur militaro-industriel.
Fin de règne du libéralisme utilitariste. Pour sortir
de cette lente glissade vers toujours plus d'Etat, Ron Paul renoue
d'abord avec un libéralisme classique très pur. Depuis plusieurs
décennies, le libéralisme a d'abord été défendu par des utilitaristes :
le libéralisme, c'est bien parce que c'est utile, en particulier pour la
croissance économique. Cette vision utilitariste a souvent teinté le
discours libéral d'un industrialisme béat et d'un tropisme en faveur de
grandes entreprises. Le libéralisme classique, proche des racines
historiques du libéralisme – auxquelles d'ailleurs des auteurs Français
(Cantillon, Bastiat, Constant, Tocqueville) ont beaucoup contribué –
part lui des droits naturels des individus, qui ne s'effacent jamais ni
devant des Etats envahissants, ni devant des intérêts économiques
particuliers instrumentalisant l'Etat. Le libéralisme classique est bien
sur favorable à l'économie de marché, conséquence de la liberté d'user de ses talents et la liberté d'échanger, mais à la condition stricte de ne pas utiliser l'Etat pour favoriser certains acteurs. Le discours de Ron Paul séduit cette Amérique convaincue – à juste titre
– que ses libertés et ses propriétés sont petit à petit confisqués non
seulement par l'Etat fédéral, mais aussi par des grands intérêts
particuliers (banques, industries militaires) contrôlant les élus de
Washington à leur profit.
L'Ecole autrichienne, les économistes qui ont vu juste. Le deuxième atout de Ron Paul, en science économique, c'est de s'être
depuis plusieurs décennies imprégné de l'Ecole autrichienne (Mises,
Hayek, Rothbard) en particulier sur les questions monétaires. Cette
école, très libérale, qui s'oppose à la fois aux keynésiens et aux
monétaristes, a aujourd'hui le vent en poupe dans les milieux libéraux.
Elle met en cause l'existence même d'une banque centrale accusée non
seulement de ne pas stabiliser la monnaie ou l'économie mais au contraire de provoquer
des bulles et des crises tout en servant ouvertement les intérêts des
grandes banques. La théorie des cycles de l'Ecole autrichienne a
expliqué avec beaucoup de précision la crise de 1929 comme la crise que
nous vivons actuellement. Fort de cette boussole, Ron Paul a dénoncé dès
le début des années 2000 l'apparition d'une bulle et une fois la crise
déclenchée il n'a voté aucun des fameux bails-outs des grandes banques
tout en exigeant de la FED un grande transparence des comptes.
Ron Paul contre le néo-conservatisme. Sur le plan international, Ron Paul s'oppose violemment aux néoconservateurs qu'il accuse de servir exclusivement les intérêts du secteur militaro-industriel en incitant à des guerres inutiles.
Sur le plan des mœurs, bien que conservateur lui-même, Ron Paul
refuse que l'Etat intervienne dans la vie des individus que cela soit
pour la drogue ou les unions homosexuelles. Il se retrouve ainsi avec
des supporteurs hétéroclites qui vont des provinciaux conservateurs des
Etats du centre des USA aux gays branchés de San Francisco.
Ron Paul, un exemple pour les libéraux du monde entier. Retenez bien ce nom : Ron Paul. Qu'il perde ou qu'il gagne, sa révolution est en train d'influencer
significativement le mouvement libéral aux USA et donne un exemple
réussi aux libéraux du monde entier. Après plusieurs décennies de
disparition quasi-totale, le libéralisme classique entre à nouveau par
la grande porte dans l'arène politique. En Europe aussi, le libéralisme
revient à ses sources classiques dans les milieux intellectuels et
militants du libéralisme. Le phénomène Ron Paul n'est pas un accident,
mais le symptôme d'un mouvement de fond en Occident qui fera aussi sentir ses effets en Europe et en France dans les prochaines années.
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"L'Exercice de l'Etat" et "Les Marches du pouvoir" : la politique, cet obscur objet du désir
Critique | | 25.10.11 | 16h07 • Mis à jour le 26.10.11 | 15h5
Une scène du film français de Pierre Schoeller, "L'Exercice de l'Etat".DIAPHANA DISTRIBUTION
Nous aussi, dans les salles de cinéma, nous avons notre primaire. Elle opposeOlivier Gourmet et Michel Blanc à George Clooney et Ryan Gosling. Cette compétition franco-américaine, organisée par le hasard du calendrier des sorties, somme de choisir son film politique à la porte du multiplexe.
D'un côté, L'Exercice de l'Etat, oeuvre complexe qui parle d'une vie quotidienne plus mystérieuse que celle des créatures qui peuplent les fosses marines : celle des hommes au pouvoir en France. De l'autre, Les Marches du pouvoir, qui revient avec un brio un peu superficiel sur un rituel aussi connu que le repas des lions : le processus de nomination d'un candidat à la présidence des Etats-Unis. On encouragera le spectateur-électeur à ne pas se laisser aveugler par l'éclat des étoiles, mais à se décider sur le fond. A donner donc la priorité à L'Exercice de l'Etat, film intelligent, neuf, provocant.
A quoi rêvent les hommes de pouvoir ? A leur bureau, peuplé d'huissiers encagoulés, d'une femme nue et d'un crocodile, nous dit la première séquence du film. C'est le premier coup de maître de ce film magistral que d'établir d'un seul coup la dimension fantasmatique et érotique du pouvoir. Pierre Schoeller n'y reviendra pas, mais ce trouble sensuel vibre tout au long du film. Le désir bouillonne dans les antichambres du pouvoir comme dans les chambres àcoucher.
Ce prologue déconcertant précède une scène de la vie quotidienne dans un ministère français : la permanence du cabinet signale une urgence - une catastrophe routière -, l'information remonte jusqu'à Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet). La mécanique se met alors en route pour amener le titulaire du portefeuille des transports jusqu'au lieu de l'accident. A ceci près que la mécanique a pour pièces détachées des êtres humains, à qui l'on ne peut pas accorder la même confiance qu'à des circuits imprimés.
Parce que Pierre Schoeller s'amuse avec brio à démonter ces mécanismes,L'Exercice de l'Etat repose en partie sur cette sensation, si plaisante pour le spectateur, d'accéder enfin à une réalité qui lui échappe. On entend les négociations entre ministre et préfet, on découvre que la logistique d'un de ces déplacements qui occupent nos journaux est aussi une petite comédie, où chaque réplique, chaque mise en scène se négocie âprement.
Dès cette séquence tragique, Pierre Schoeller tient à faire sa place à l'autre vie, celle que mène la partie du genre humain qui ne vit pas au sommet de l'appareil. Sur les lieux d'un terrible accident d'autocar scolaire, on voit des pompiers en action, des enfants traumatisés, des parents fous de douleur. Ces deux plans de la réalité coexistent au sein d'un même plan de cinéma. Et comme il s'agit de mettreen scène l'existence d'un homme de pouvoir, la vie des gens apparaît toujours légèrement déformée comme à travers une vitre embuée.
Ce qui ne veut pas dire que les politiciens sont des gens à part. Tout en eux est ordinaire, à ceci près que la pulsion qui les meut les dirige vers le pouvoir. Le scénario de Pierre Schoeller est d'une précision remarquable sur ce sujet : une belle discussion oppose Gilles, le directeur de cabinet du ministre (Michel Blanc), à Woessner, un collègue prêt à passer au privé. Mais Gilles, comme son ministre, veut rester là, "au pouvoir", même si sa réalité s'étiole face au vrai pouvoir de l'entreprise.
Le film est construit sur l'opposition entre ces deux personnages, ces deux acteurs. D'un côté l'appétit sensuel, dionysiaque, de Saint-Jean, de l'autre, la jouissance intellectuelle de Gilles. L'un s'épanouit dans la lumière artificielle des médias, l'autre prospère dans l'ombre dorée des cabinets ministériels. Ils sont réunis par l'attraction qu'exerce sur eux l'objet de leur désir, l'Etat. C'est ainsi qu'il faut comprendre le titre du film : les personnages sont régis par une force aussi implacable, mais infiniment plus capricieuse que la gravité. Ce qui conduit aussi bien à la comédie qu'à la tragédie, que Schoeller met en scène dans un même mouvement, recourant à des moyens (cascade spectaculaire, discussion politique de haut vol) que l'on trouve rarement dans ce qu'il est convenu d'appeler le cinéma d'auteur français.
Ryan Gosling dans le film américain de George Clooney, "Les Marches du pouvoir" ("The Ides of March").METROPOLITAN FILMEXPORT
Les armes des Marches du pouvoir sont plus conventionnelles. Le récit est situé à la veille de la primaire démocrate dans l'Ohio. Le candidat Mike Morris (Clooney) est un homme de principes (laïc, pacifiste) comme en rêvent les intellectuels libéraux américains. Son équipe compte dans ses rangs un jeune prodige capable de manipuler les médias et de galvaniser les volontaires de la campagne. Stephen Meyers (Ryan Gosling) commet pourtant une erreur qui le met dans la position de Brutus à la veille des "Ides de Mars" (le titre original du film) : il lui faut choisir entre le suicide et le meurtre (tous deux au sens figuré).
Les Marches du pouvoir baignent dans une esthétique faite d'élégance et d'efficacité. Mais il n'y a rien là qui jette un éclairage nouveau sur les luttes depouvoir. Au contraire, la révolution des médias, la diffusion virale des informations sont ignorées, le jeu de l'argent passe à l'as au profit des bagarres d'arrière-salle entre poids lourds des campagnes électorales.
Les protagonistes de ces combats à mort ont heureusement pour interprètes Paul Giamatti, Philip Seymour Hoffman ou Jeffrey Wright. Leur talent suffit à faire desMarches du pouvoir un spectacle plein de suspense, une espèce de super-épisode d'"A la Maison Blanche". Mais une fois les lumières revenues, on n'est même pas impatient de connaître la suite.
LES BANDES-ANNONCES
L'Exercice de l'Etat
Les Marches du pouvoir
Un extrait du film de George Clooney avec Ryan Gosling
L'Exercice de l'Etat. Film français de Pierre Schoeller avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman. (1 h 52.)
Les Marches du pouvoir. Film américain de et avec George Clooney avec Ryan Gosling, Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti, Evan Rachel Woods. (1 h 41.)
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Shawinigan, une ville dangereuse?
David Bizier a plaidé coupable il y a
quelques semaines à cinq agressions sexuelles survenues sur le
territoire de Shawinigan en 2010 et 2011.

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Publié le
16 Décembre 2011
- Bernard Lepage
Voilà un palmarès dont Shawinigan se passerait bien.
Selon le magazine Macleans qui vient de rendre publique une
enquête sur les villes les plus dangereuses aupays en se basant sur les
statistiques de 2010, Shawinigan figure au 33e rang au Canada et 3e au
Québec.
Dans la Belle province, seule Montréal (22e) et St-Jérome (23e) sont
désignées comme plus à risque queShawinigan. Toute proportion gardée,
Shawinigan affiche un pourcentage de 5,5% de plus que la moyennenationale au chapitre des crimes dangereux survenus sur son territoire.
Là où Shawinigan se «distingue» le plus, c’est dans les crimes
impliquant des agressions sexuelles. La ville figure au 5e rang au pays
et est 1e au Québec à ce chapitre. Seules St-John au Nouveau-Brunswick,
Belleville en Ontario, Fredericton au Nouveau-Brunswick, Prince George
en Colombie Britannique font pire qu’ici. En terme de pourcentage dans
la colonne des agressions sexuelles, Shawinigan affiche une moyenne
supérieure de 65%
qu’ailleurs au Canada.
Compte tenu que cette étude est basée sur les chiffres de 2010, il
est raisonnable de croire que les crimes commis par David Bizier, cinq
agressions sexuelles dont trois l’année dernière, ont pesé dans la
balance dans
ce palmarès peu reluisant.
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Troublantes inégalités sociales
Collectif d'auteurs
9 décembre 2011
Qui aurait envie de se contenter d'un salaire de misère de 10 000 $ par
année? C'est pourtant le lot d'un grand nombre de travailleurs à statut
précaire. Le problème, c'est que leur situation se détériore au lieu de
s'améliorer. Il y a 20 ans, la moyenne des salaires de la tranche
supérieure (les 10 % qui reçoivent les salaires les plus élevés) était
huit fois plus grande que la moyenne des 10 % du bas de l'échelle.
Aujourd'hui, cette différence, loin de s'atténuer, est 10 fois plus
grande.
Le rapport tout juste dévoilé par l'OCDE sur ce sujet est alarmant.
Réputé comme étant l'un des meilleurs pays du monde il y a quelques
années à peine, le Canada voit désormais sa situation économique et
sociale se dégrader sans cesse — et nous ne parlons pas de l'immense
pauvreté qui subsiste dans de nombreuses communautés autochtones, comme
c'est le cas à Attawapiskat. Un scandale!
Des esprits mesquins se consoleront en pensant que ces écarts sont bien
pires aux États-Unis à 15 contre 1, mais avouez que de pareilles
inégalités sociales sont loin d'être enviables avec ces millions de
sans-emploi à la recherche d'un toit. Il y a pourtant moyen de faire
autrement: dans des pays comme la Suède, l'Allemagne et le Danemark, ce
ratio n'est que de 6 contre 1. Une différence de 6 contre 1,
comparativement à 10 contre 1 au Canada!
L'OCDE ne nous avait guère habitués à ces élans de compassion. Il y a
quelques années à peine, elle incitait les pays industrialisés à la
déréglementation et à l'assouplissement de leurs conditions de travail.
Aujourd'hui, elle fait amende honorable en critiquant la progression du
temps partiel chez les travailleurs et en déplorant l'insuffisance des
prestations sociales pour redistribuer la richesse. Pire, elle croit
qu'il faudrait surtaxer les plus riches parmi les riches, ceux qui
gagnent des salaires exorbitants! C'est le monde à l'envers.
«Ce n'est même pas une question morale. C'est une question économique»,
affirme Angel Gurría, secrétaire général de l'OCDE. Car voilà que de
telles inégalités désespèrent les jeunes, nourrissent le cynisme envers
la société et nuisent à la croissance de l'économie. C'est le monde à
l'envers, disions-nous!
Il est prouvé que le dollar des plus pauvres se dépense localement,
faisant tourner l'économie du voisinage, alors que le dollar des plus
riches s'abrite derrière les évasions et les paradis fiscaux, avec bien
peu de retombées locales. À se demander qui sont les véritables assistés
sociaux!
Le hasard a voulu que ce rapport de l'OCDE soit rendu public au
lendemain de la guignolée des médias. Une journée de l'année où tous
mettent la main à la pâte pour permettre aux plus mal pris de mettre un
peu de beurre sur leur pain. Bien des groupes d'employés se cotisent
aussi pour offrir des paniers de Noël qui seront redistribués par des
organismes d'entraide. Bravo! Ce sont là de beaux gestes à imiter.
Toutes ces initiatives de partage sont nécessaires, essentielles même,
tellement la détresse est grande. Mais elles ne nous dispensent pas de
l'obligation de construire une société plus juste. Le problème, c'est
que la pauvreté n'intéresse personne, les médias les premiers. Les
inégalités sociales donnent rarement lieu à de grandes enquêtes, à des
remises en question.
Pendant qu'une nation tout entière s'insurge — avec raison — contre
l'intimidation à l'école, que fait-on pour combattre les préjugés envers
les pauvres et les assistés sociaux qu'on ne cesse d'intimider sur la
place publique? Quelles mesures nos gouvernants sont-ils prêts à adopter
pour que notre société soit un peu plus égalitaire, pas seulement à
l'approche de Noël, mais durant toute l'année?
Ont signé ce texte: Guy Bédard, Grégoire Bissonnette, Michel Cantin,
Robert Fleury, Michel Laberge, Gabrielle Lachance, Marguerite
LaRochelle, Lisette Lemelin, Laurette Lepage, Denise Pageau, Annine
Parent, Jacques Racine.
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Un lien intéressant: Une bataille de plus de 16 ans.
www.marcelparis.ca
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Le germe de la peur
Daniel Naud - Le 5 décembre 2011
7 décembre 2011
Bien que je sois souverainiste, il n'est pas faux d'avancer que le
Canada est une nation où règnent la tranquillité, la sécurité et la
liberté. Je peux toutefois affirmer avec la plus vive sincérité que
dernièrement, j'ai éprouvé une émotion jamais ressentie en 40 ans
d'existence: la peur de perdre ma liberté d'expression. Cette
expérience, pour le moins préoccupante, s'est produite lorsque, en
regardant le journal télévisé, ont m'a présenté le minidéfilé militaire
du premier ministre Harper, soulignant le retour de Libye de la
«Canadian Royal Navy». Précisons que je n'ai rien contre le fait de
souligner le périlleux travail de ces hommes et femmes risquant leur vie
au service d'une nation, ni contre la commémoration des morts et
blessés tombés au combat. Ce qui a fait naître une pensée noire en moi,
se métamorphosant en peur, est le concept de «défilé». Les images se
sont succédé à grande vitesse dans mon esprit en observant le sourire
radieux et satisfait de notre «Prime Minister» devant ce déploiement de
force. J'y ai vu l'embryon d'une nouvelle culture militaire, comme il
s'en trouvait en Europe, il y a quelques décennies.
Renversé, comme tous, par l'intransigeance du gouvernement
conservateur ainsi que par son absence totale d'écoute envers les
provinces et la population, je me suis dit, en le voyant admirer ses
beaux avions en vol: «Ce gars-là pourrait un jour m'emprisonner à cause
de mes idées.» Le principe n'est pas de savoir si j'ai raison, je n'en
sais rien. Ni si je suis parano, je ne crois pas. La question est que
Stephen Harper est le premier politicien, en 40 ans de quiétude, à avoir
généré en moi le germe de la peur quant à ma liberté, à l'exercice de
mes droits fondamentaux.
Daniel Naud - Le 5 décembre 2011
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Le beurre et l'argent du beurre
Daniel Roy - Directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ)
2 décembre 2011
Le Plan Nord est au cœur de tous les débats cet automne. Est-ce que le
Québec reçoit suffisamment pour l'exploitation de ses ressources non
renouvelables? Est-on en train de donner le Nord sur un plateau d'argent
aux compagnies avec en prime de l'électricité à bas prix et des routes
aux frais de la princesse? Dans cette controverse, il ne faudrait
surtout pas perdre de vue l'enjeu de la transformation des ressources
naturelles au Québec.
Le plan gouvernemental est muet à ce sujet: Québec ne formule pas
d'exigences précises aux multinationales qui exploitent notre sol afin
qu'elles transforment les ressources ici.
ArcelorMittal offre ces temps-ci un exemple désolant. Alors que la
minière accroît sa production de minerai de fer sur la Côte-Nord de 14 à
24 millions de tonnes par année, elle met sur la glace les projets de
modernisation de son aciérie de Contrecoeur en Montérégie. Le laminoir à
poutrelles d'acier promis en 2008 a été stoppé dans la foulée de la
crise. Le projet de modernisation du fil machine pour laminer des
billettes, annoncé cet été, a lui aussi été mis en veilleuse cet
automne.
Contrairement à son habitude, l'aciérie fermera pendant la période des
Fêtes, mettant en congé forcé 400 travailleurs. La production reprendra
en janvier à un rythme réduit, alors que seulement deux équipes
travailleront à la coulée à brame plutôt que trois (et même quatre à
certaines périodes). On ne parle pas de mises à pied définitives pour le
moment, le personnel étant affecté à des activités de formation ou
d'entretien.
Mais nous ne sommes pas dupes. Une multinationale qui ne modernise pas
une usine ne lui réserve de toute évidence pas de grands projets
d'avenir.
Pourtant, l'aciérie de Contrecoeur, l'ancienne Sidbec-Dosco qui
appartenait au gouvernement du Québec jusqu'en 1994, a déjà employé
jusqu'à 1600 personnes dans les années 1980. Elle en comptait encore
1200 lorsque Lakshmi Mittal l'a rachetée pour une bouchée de pain du
gouvernement en 1994. ArcelorMittal a engrangé des milliards de dollars
de profits avec cette usine, qui lui a servi de porte d'entrée sur le
marché nord-américain.
Mais aujourd'hui, Mittal pense se sauver avec le beurre et l'argent du
beurre. Si cette multinationale veut continuer d'exploiter nos gisements
de fer d'une grande qualité sur la Côte-Nord, sa première source
d'approvisionnement sur la planète, elle doit en transformer une partie
significative au Québec.
Nous ne nous faisons pas d'illusion sur le raisonnement de la grande
multinationale, qui a de toute évidence choisi de concentrer ses
nouveaux investissements en sidérurgie ailleurs qu'au Québec. C'est là
que le gouvernement doit entrer en scène et exiger que des produits à
valeur ajoutée soient fabriqués ici.
Cette logique vaut autant pour le fer, l'or, le diamant, le nickel, le
zinc ou encore le cuivre. Le Québec ne peut baser son développement sur
l'exploitation de ressources minérales aussitôt chargées sur des bateaux
pour être transformées ailleurs sur la planète. Ayons un peu de fierté!
Les multinationales doivent nous respecter en créant de bons emplois
dans l'industrie de la deuxième et de la troisième transformation. On ne
veut pas d'un développement de colonisés!
Daniel Roy - Directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ)
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Shawinigan, le 2 décembre 2011
Monsieur Jacques Drouin
Directeur Général des Elections du Québec
et Président de la Commission de la représentation
électorale
Monsieur,
Nous sommes à élaborer une stratégie pour une campagne de financement pour le comté de Saint-Maurice et nous constatons qu' ici une majorité de gens ne payent pas d' impôt.
Donc, une lacune existe dans la loi puisque ces gens n' ont aucun avantage à financer un parti politique. De plus, on encourage encore une certaine forme de possibilités de conflits d' intérêts à celui qui donne $1,000 car il n' a droit qu' à un crédit de $310.00. Ceux qui veulent des avantages vont donner $1,000.
Est-ce qu' une personne qui ne paye pas d' impôt mais qui contribue pour $20.00 a droit a un retour d' impôt de $17.00 ?
Est-ce que la loi électorale brime une partie de la population parce qu' une personne qui ne paye pas d' impôt ne peut s' impliquer financièrement et démocratiquement ?
J' aimerais bien obtenir des éclaircissements.
Carmen Melançon
Shawinigan, Québec
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J'ai honte
Denis Michaud - Le 30 novembre 2011 1 décembre 2011
Lettre à Monsieur Christian Paradis,
Comme vous êtes la figure la plus connue du gouvernement
conservateur au Québec, je me permets de vous écrire ces quelques
lignes.
J'ai honte d'être Canadien, j'ai honte d'avoir comme gouvernement le vôtre, qui n'a pas pris une seule décision
qui me fasse dire «oui, je suis Canadien et fier d'appartenir à ce pays, exemple pour le monde».
Je suis triste de voir que notre chemin national emprunte les chemins du passé et du repli sur soi plutôt que ceux
de l'avenir et de l'ouverture au
monde: l'environnement, le retour de l'effigie de la reine, le
militarisme, C-10, l'unilinguisme des ministres, des juges, etc.
J'ai peur de vos façons de faire qui font fi de la transparence (le silence de Tony Clement et les dépenses occultes
du G20), de la démocratie
(prorogation du Parlement, les huissiers et M. Soudas au Parlement,
etc.) des choix des Canadiens (attaques contre Radio-Canada aux côtés
d'une compagnie privée, abandon de notre position séculaire d'exemple de
paix dans le monde, alignement aveugle aux côtés d'Israël). Etc.
Je crains votre hypocrisie (manoeuvres électoralistes, abandon du protocole de Kyoto le 23 décembre),
votre bigoterie (trop d'exemples à citer), votre mandat de quatre ans...
Je vous crains comme on craint la froideur, la malveillance, l'hypocrisie, la mauvaise foi et la bêtise.
J'ai honte d'être Canadien.
Denis Michaud - Le 30 novembre 2011
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Recettes pour mettre le français à sa place
Normand Breault - Le 23 novembre 2011 26 novembre 2011
Tu continues à répondre en anglais quand on te salue en anglais, dans la rue, au restaurant ou dans les commerces, t'imaginant faire ainsi preuve d'une belle ouverture à l'autre.
Tu continues à pratiquer ton anglais en conversant avec tes amis anglophones ou allophones, oubliant que tu pourrais leur donner l'occasion de pratiquer leur français.
Tu continues à baragouiner ton français, parlé et écrit, tout en t'empressant de signaler twofivefoursix...
Tu continues à passer aussitôt à l'anglais dès les premiers mots prononcés avec un accent qui n'est pas tout à fait de souche.
Tu continues à utiliser de nombreux mots anglais, comme en France, négligeant le fait que, là-bas, le vocabulaire est ample et les structures de phrases, bonnes; on n'y a pas vécu deux siècles et demi de colonisation anglo-saxonne.
Tu laisses le bilinguisme s'installer partout, dans les réunions formelles ou informelles, sans tenir compte que, sans crier gare, l'une d'elles va prendre toute la place. Laquelle, d'après toi?
Tu ne réagis pas contre les enseignes en anglais seulement dans les rues que tu parcours, te contentant du bilinguisme à l'instar de l'OQLF dans sa campagne sur l'affichage.
Tu acceptes que les «vraies affaires» doivent passer avant la langue, comme le proclament les «vrais» politiciens.
Tu ne prends pas parti sur la question de la langue, assuré que tu ne peux rien y faire, pas plus, d'ailleurs, que les personnes de ton entourage immédiat.
Tu te fous de tout ce qui précède.
Bientôt, tu n'auras plus besoin de recettes, car, en choeur, tes enfants et tes petits-enfants te chanteront: «Mommy, Daddy, I love You dearly».
Normand Breault - Le 23 novembre 2011
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Lettres - Et nous ?
Charlotte Goyer, 15 ans - Joliette, le 21 novembre 2011
24 novembre 2011
C'est le titre accrocheur de l'édition du Devoir de ce week-end («Que
lisent les jeunes au secondaire?») qui a incité mon père à l'acheter.
Son intention? Nous intéresser, mon frère de 14 ans et moi, à ce dossier
qui parlait d'un enjeu important pour nous, les adolescents: la
lecture.
D'un paragraphe à l'autre, je lisais les commentaires de
professeurs. À la fin, j'ai constaté qu'aucun jeune n'avait eu la
parole! Alors, permettez-moi d'utiliser mon clavier pour vous donner mon
point de vue, certainement représentatif de beaucoup de jeunes de mon
âge.
Nous lisons, avec plaisir et passion, des textes et des livres qui «nous
parlent». Le succès des livres jeunesse et de leurs auteurs (Bryan
Perro, India Desjardins, J. K. Rowling, Stephanie Mayer) est là pour le
prouver. [...]
Si les jeunes ne se font pas proposer des livres qu'ils ont envie de
lire, ils risquent de se désintéresser de tous types de lecture!
Pourquoi ne pas leur offrir des classiques qui ont inspiré les auteurs
des aventures d'un Harry Potter ou autres héros aimés tels qu'Amos
Daragon ou Bella et Edward? Nous voulons des oeuvres variées, mais
surtout le choix à l'intérieur d'une liste que nos profs pourraient nous
soumettre. Les jeunes d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'autrefois
parce qu'ils ont maintenant un choix presque infini: auteurs d'ailleurs
ou d'ici, thèmes internationaux ou locaux, genres vraisemblables ou
fantastiques...
Je ne crois pas qu'il soit obligatoire qu'un élève du secondaire lise
des classiques français tels que les oeuvres intégrales de Victor Hugo
ou d'Émile Zola pour «apprécier des oeuvres littéraires». Amélie Nothomb
le permet très bien! Cela n'empêche pas d'être informés sur les grands
auteurs de chaque époque de différents genres et provenances par des
extraits pertinents dans un contexte expliqué.
Et sachez que nous aimons être consultés tant pour nos choix de lectures que pour nos opinions.
Charlotte Goyer, 15 ans - Joliette, le 21 novembre 2011
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Programme fédéral d'aide aux PME: des millions détournés
Publié le 17 novembre 2011 à 00h00 | Mis à jour à 06h17
Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse
Le fisc
est aux trousses d'entrepreneurs et de restaurateurs pour des millions
en taxes de vente impayées, dans le cadre d'un présumé stratagème visant
à obtenir des garanties de prêts d'Ottawa.
La Presse
Le programme fédéral de prêts aux PME fait l'objet de détournement de fonds depuis plusieurs années, selon une enquête de La Presse.
Plusieurs
sources nous indiquent que des réseaux de restaurants franchisés
bafouent les règles du programme à leur profit. L'affaire implique des
millions de dollars et des dizaines de restaurants.
Certains informateurs nous fournissent des copies de fausses factures et
de chèques prouvant que des fonds ont été détournés ou nous donnent le
nom de professionnels et d'institutions financières impliquées.
«Graisser les banquiers, les avocats et les comptables sur un dossier de
prêts aux petites entreprises est monnaie courante. It is a standard operating practice», nous dit un avocat de l'ouest de l'île.
Le programme fédéral de prêts aux PME est géré par Industrie Canada. Il
est conçu pour les restaurateurs et les commerçants, entre autres.
Quelque 7500 entreprises en bénéficient au Canada chaque année, dont le
tiers au Québec.
De faux documents
En vertu du programme, les fonds empruntés par un restaurant à une
banque sont garantis par le gouvernement fédéral, qui assume 85% des
pertes en cas de faillite. Les fonds sont avancés par la banque à la
condition qu'ils servent à rénover un restaurant ou à acheter des
équipements. Ils sont versés au restaurateur ou à l'entrepreneur en
construction qui rénove les lieux moyennant des pièces justificatives,
comme des factures.
Or, deux entrepreneurs en construction nous disent avoir fabriqué de
faux documents à plusieurs reprises pour obtenir indûment les fonds.
Dans chaque cas, l'argent a été versé dans leur compte puis détourné
illico au profit d'un tiers. Ce tiers est chaque fois le gestionnaire du
réseau du restaurant, le franchiseur. Trois autres informateurs nous
disent que cette pratique est monnaie courante depuis plusieurs années.
«Je recevais un chèque de 200 000 $ de la banque à 12h01. À 12h05, je
refaisais un chèque du même montant au nom personnel du propriétaire du
réseau. J'ai gardé toutes les preuves. J'ai appris par la suite que
j'avais finalement servi de prête-nom», explique l'un des entrepreneurs
à La Presse.
L'homme nous parle sous le couvert de l'anonymat par crainte de
représailles. Il a répété l'expérience pour plusieurs restaurants au
cours des années 2000. En échange, il a obtenu quelques contrats de
rénovation.
Des factures dopées
La plupart du temps, les rénovations ont finalement lieu, mais les
factures justificatives remises aux banquiers sont dopées, nous
indiquent quatre informateurs. Ainsi, le franchiseur qui reçoit les
fonds obtient plus que le coût réel du projet et en tire un bon profit.
Par exemple, un projet de 250 000 $ peut faire l'objet d'une demande
indue à la banque de 325 000$, ce qui laisse un bénéfice de 75 000 $ au
franchiseur.
«Le coût présenté à la banque est plus élevé que la réalité. Par
exemple, on fait faire de fausses factures pour les fenêtres, disons de
60 000 $ au lieu de 40 000 $», nous dit un avocat.
Souvent, des comptables ou des avocats obtiennent des commissions sur
les fonds obtenus de la banque, par exemple 10 000 $ par restaurant, ce
qui n'est pas permis par le programme de prêts aux PME d'Industrie
Canada. «Un avocat connu a touché des commissions sur plusieurs prêts
détournés du programme fédéral», nous dit une source bien renseignée.
Un restaurateur de La Belle Province, en colère, dit bien connaître le
stratagème. Comme deux autres sources, il soutient que le phénomène
s'étend à de nombreux casse-croûte franchisés administrés par des
franchiseurs de la communauté grecque.
Selon lui, le prêt de la banque est généralement déposé dans le compte
du franchiseur, mais son remboursement est inscrit dans les états
financiers du petit restaurateur. Comme le montant du prêt a été dopé,
le petit restaurateur est étranglé par des paiements trop élevés,
rendant la rentabilité du resto très difficile. «Ils font ce genre de
stratagème depuis plusieurs années», dit le restaurateur, qui connaît
personnellement d'autres petits exploitants qui, comme lui, écopent de
la situation.
Certains survivent quelques années, mais plusieurs déclarent faillite.
Bien souvent, leurs pertes bancaires sont alors épongées par Industrie
Canada à 85%. Autrement dit, ce sont les contribuables qui paient la
facture.
Le fisc s'en mêle
Habituellement, les immeubles qui abritent les restaurants sont la
propriété du franchiseur. Lorsqu'un resto déclare faillite, le local de
l'immeuble est réutilisé pour lancer un autre restaurant. Les
équipements du casse-croûte peuvent même être rachetés à faible prix par
le franchiseur ou par un tiers des mains du syndic de faillite, selon
nos informations.
Le stratagème pourrait en être à ses derniers milles, cependant. Des
restaurateurs et entrepreneurs commencent à dénoncer la situation. La
raison: le fisc s'est mis le nez dans l'affaire et exige d'eux une
fortune en taxes de vente.
En effet, les fausses factures remises aux banquiers en échange des
fonds auraient dû faire l'objet d'une perception de TPS et de TVQ de la
part de l'entrepreneur en construction. Dans les faits, aucune taxe de
vente n'a été perçue, nous disent deux entrepreneurs, puisque l'argent a
été remis entièrement au tiers franchiseur. Ce faisant, le fisc réclame
à ces entrepreneurs en construction des centaines de milliers de
dollars qu'ils n'ont pas, ce qui les accule à la faillite.
«Je faisais ça pour aider. Aujourd'hui, le franchiseur est millionnaire
et moi, je suis sans le sou. Si j'avais su, jamais je ne serais entré
là-dedans», nous dit un entrepreneur.
Nous avons exposé le problème à Industrie Canada, responsable du
programme fédéral de prêts aux petites entreprises, mais nous n'avons
obtenu aucun commentaire.
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Publié le 15 novembre 2011 à 07h26
Claude Villemure éberlué par les salaires aux dirigeants des Jeux du Québec
Claude Villemeure
Photo: Stéphane Lessard
 |
Guy Veillette
Le Nouvelliste |
(Shawinigan) En 2007, la philosophie
de l'organisation derrière la candidature de Shawinigan pour
l'obtention des finales provinciales des Jeux du Québec était davantage
axée sur l'implication pour la jeunesse que l'enrichissement personnel,
dénonce Claude Villemure.
Cet
ex-responsable du financement et du budget pour la candidature de l'été
2010 est abasourdi par l'ampleur des salaires consentis aux principaux
dirigeants.
Dans son édition de samedi, Le Nouvelliste dévoilait que le directeur
général, Yves Renaud, touche 80 000 $ par année. Claude Leclerc,
directeur général adjoint à la programmation et Guy Lemieux, directeur
au développement des affaires, suivent pas très loin derrière avec des
traitements de 78 000 $ et 67 340 $ respectivement. Il s'agit de trois
ex-cadres de la fonction publique, qui bénéficient évidemment de
généreux fonds de retraite.
M. Villemure mentionne qu'en 2007, la masse salariale du comité
organisateur s'élevait à 780 000 $, comparativement à près de 1,7
million $ en 2012. En prenant en considération la contribution des
partenaires qui assument les salaires d'employés prêtés aux Jeux, cette
masse salariale bondit à 2,5 millions $ sur des dépenses totales de 5,4
millions $.
«Jamais nous n'aurions approuvé ça», commente M. Villemure. «Quand nous
parlions du directeur général à ce moment, si ce n'était pas un prêt
d'employé, on prévoyait un salaire de 60 000 $. On est loin de ça!»
M. Villemure souligne que dans le budget d'une organisation semblable,
il existe un monde entre un employé prêté par un partenaire et un autre
entièrement rémunéré à même l'argent durement recueilli.
«Un salaire de 80 000 $ prêté aux Jeux coûte moins cher qu'un employé
payé 50 000 $», illustre-t-il. «Si les comptes ne balancent pas à la
fin, on pourra repenser à cette colonne dans le budget.»
Contradictions
M. Villemure n'achète pas l'argument de la présidente du comité exécutif
des Jeux, Pierrette Jacob, selon lequel il s'agissait du prix à payer
pour obtenir des dirigeants d'expérience de qualité.
«En 2007, nous avions de bons leaders qui n'ont rien demandé et qui ont travaillé très fort», souligne-t-il.
«J'en connais qu'on aurait pu approcher pour deux fois moins cher et qui seraient venus avec plaisir.»
M. Villemure ne comprend pas que Mme Jacob prétende que les dirigeants
ne soient pas attirés par l'appât du gain alors que M. Renaud avoue
candidement qu'il n'aurait pas accepté les mêmes fonctions pour un
salaire de 50 000 $.
Il est particulièrement déçu de voir que son ex-partenaire pour le
Ralliement municipal, Claude Leclerc, se soit négocié un traitement
annuel de 78 000 $. La goutte qui fait déborder le vase, c'est de
constater que la CS de l'Énergie défraie 60 % de ce montant, alors qu'il
est retraité depuis le printemps 2010.
«Que faut-il comprendre de ça?», questionne M. Villemure. «Je ne peux
pas croire que Claude se soit créé ce poste-là! C'est nébuleux et comme
citoyen, je me pose des questions.»
Au bout du compte, si le comité organisateur avait des postes avec des
conditions salariales aussi attrayantes, M. Villemure estime qu'il
aurait dû procéder par un appel de candidatures.
«Ce n'était pas démocratique», dénonce-t-il. «Pourquoi, au comité de
finance, on a choisi deux fois quelqu'un qui provenait du conseil
d'administration présidé par Mme Jacob (celui du Centre de santé et de
services sociaux de l'Énergie)? Elle n'en connaissait pas d'autre? Si le
poste avait été affiché, elle aurait peut-être eu de belles surprises.»
Claude Villemure ne souhaite surtout pas que sa sortie soit interprétée
comme une crise de jalousie de quelqu'un qui était impliqué de très près
à l'organisation du rendez-vous manqué de l'été 2010 et dont les
services n'ont pas été requis pour les 47e finales provinciales.
«Pas du tout», assure-t-il. «Mais quand j'ai l'impression qu'on joue
avec l'argent des contribuables, je suis du style à réagir.»
Le maire se range
Michel
Angers assure qu'il est à l'aise avec la masse salariale adoptée par le
conseil d'administration des Jeux du Québec, de même qu'avec le
traitement réservé aux principaux dirigeants.
Le maire de Shawinigan en connaît un bout sur la question, lui qui avait
été emporté par une tempête quelques semaines après son élection, lors
du fameux débat sur la hausse du salaire des élus par souci d'équité par
rapport à d'autres villes comparables.
Dans le cas du comité organisateur des Jeux du Québec, il se fie au
travail de vérification qui a été effectué. Il ne fronce donc pas les
sourcils en sachant qu'à 80 000 $, le salaire de base d'Yves Renaud est
équivalent au sien actuellement.
«On y est allé pour la valeur du poste», comprend-il. «Personnellement,
je n'avais aucune idée du montant que ça pouvait représenter. On me
disait que c'était dans la moyenne et nous n'avions pas de directeur des
loisirs à prêter.»
«Je suis à l'aise avec cette politique, parce que ça s'est fait selon le
marché», ajoute-t-il. «Il va rester à livrer la marchandise et je crois
que c'est bien parti.»
En septembre, le maire, qui siège sur le conseil d'administration des
Jeux, s'est présenté à une réunion pour faire le point sur la question
du financement. À ce moment, il circulait des rumeurs selon lesquelles
l'organisation accusait un sérieux retard sur ses objectifs.
M. Angers avait alors voulu s'assurer qu'on ne dépenserait pas l'argent
qu'on n'a pas, une façon de dire que le budget devait être respecté à la
lettre. Quelques heures plus tard, Louis Vanasse quittait
l'organisation pour des raisons personnelles et en octobre, il était
remplacé par Guy Lemieux comme directeur du développement des affaires.
Un déficit d'exploitation aux finales provinciales des Jeux du Québec
serait épongé par la Ville, une éventualité que le maire veut évidemment
éviter.
«J'ai confiance en l'équipe en place», insiste-t-il. «Si, à un moment donné, on s'aperçoit que c'est serré, on fera des choix.»
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Il y a 50 ans, la commission Salvas - Favoritisme et corruption nourrissent la caisse électorale
«C'est probablement une des grandes causes de la disparition du patronage.» -- Jean Lesage
Michel Lévesque - Politologue et historien 31 octobre 2011
Photo : Source Télé-Québec
Maurice Duplessis (1890-1959) était toujours premier ministre et chef de l’Union nationale au moment de
l’éclatement du scandale du gaz naturel, en juin 1958.
Nous publions le second de deux
textes sur la commission Salvas qui, dans les années 1960, s'est
attardée à un système de corruption imbriqué dans les sphères politiques
du Québec.
Bien avant la parution du second rapport de la commission Salvas, en
juillet 1963, portant sur les méthodes d'achat au sein du Service des
achats du gouvernement du Québec et au ministère de la Colonisation, les
audiences publiques de mai 1961 à mai 1962 avaient révélé au grand jour
qu'un système généralisé de favoritisme et de corruption, servant
essentiellement à alimenter la caisse électorale de l'Union nationale et
ses partisans, avait été mis en place sous l'administration unioniste.
Le contenu du rapport
Le rapport révèle que pour chaque contrat d'achat il existait «une
convention accessoire» entre le directeur du Service, Alfred Hardy, le
conseiller législatif, Gérald Martineau, ou encore, le ministre Jos-D.
Bégin et les compagnies traitant avec le gouvernement. Cette convention
engageait les entreprises
à payer des commissions à des
intermédiaires. «Ces intermédiaires étaient, sauf de rares exceptions,
des organisateurs et autres partisans dévoués de l'Union nationale. Ils
étaient étrangers au commerce de la compagnie vendeuse et, pour la
grande majorité, ils étaient même inconnus de cette dernière.» Le
versement de ces commissions impliquait très souvent que «les prix
mentionnés aux contrats [...] étaient supérieurs aux prix de détail».
La preuve recueillie par les commissaires démontre que la facture
pour les contribuables québécois desdites ristournes se chiffre à près
de deux millions
de dollars et qu'en l'absence d'un tel système, le gouvernement aurait pu économiser une telle somme.
Les commissaires qualifient ce système d'«immoral, scandaleux,
humiliant et inquiétant pour le public de cette province», mais,
curieusement, évitent
de le qualifier d'illégal! Ils
ajoutent même que «l'un de ses malheureux effets a été de corrompre le
sens moral d'une partie de la population».
Les recommandations
Dans leur rapport, les commissaires vont émettre cinq
recommandations principales. Premièrement, intenter des poursuites
criminelles contre cinq personnes.
- Le directeur du Service des achats,
Alfred Hardy, ce «mauvais serviteur de la province». «Il a exercé ses
hautes fonctions au bénéfice d'un parti politique. Il lui est arrivé de
les exercer à ses fins personnelles.»
- Le conseiller législatif et
trésorier de l'Union nationale, Gérald Martineau, qui a fait preuve de
«cynisme» en vantant sa participation et les mérites d'un tel système.
- Le député de Dorchester et ministre
de la Colonisation, Joseph-Damase Bégin, «un administrateur infidèle et
indigne des affaires de la province».
Ces deux derniers sont accusés d'avoir favorisé les intérêts politiques
de leur parti et leurs intérêts personnels en ayant fait distribuer ou
en ayant distribué eux-mêmes des commissions formant des sommes
considérables provenant des deniers publics.
- Paul Godbout «a pris une part active
dans l'application des méthodes d'achat de graine de semence par le
ministère de la Colonisation».
- Et Arthur Bouchard, actionnaire dans
la même compagnie que Jos.-D. Bégin, a reçu à titre de commission la
somme de 96 742,34 $ provenant des deniers publics, sous forme
d'augmentation de la valeur de ses actions sur des ventes au ministère
de la Colonisation.
Les commissaires recommandent deuxièmement que des «sanctions
administratives» soient appliquées aux 12 fonctionnaires qui sont
toujours en poste parmi les 23 qui ont été recensés à titre
d'intermédiaires ayant reçu des commissions ou participé à ce système.
Troisièmement, l'adoption d'une loi permettant à l'avenir de pouvoir
récupérer toutes les sommes dépensées et de poursuivre tous les auteurs,
les participants ou les bénéficiaires,
directs ou indirects, d'un tel
système de corruption. Quatrièmement, que la Loi de la Législature soit
modifiée pour éviter les conflits d'intérêts de la part des députés.
Enfin, cinquièmement, l'établissement de meilleurs contrôles de
surveillance des dépenses gouvernementales tant par le vérificateur
général que par les députés.
En conclusion, les commissaires soulignent que «les intérêts du
peuple, qui fournit les argents nécessaires à l'administration de la
province, ne sauraient être subordonnés à ceux d'un groupe d'individus
sans que soient compromises les bases mêmes de nos institutions
politiques».
Les suites du rapport
Le 24 septembre 1963, des accusations criminelles sont portées
contre Jos-D. Bégin, Alfred Hardy, Gérald Martineau, Arthur Bouchard et
Antonio Talbot.
Ce dernier, ex-ministre de la Voirie, est accusé alors que la commission n'a pas recommandé de le poursuivre.
Alfred Hardy et Antonio Talbot sont condamnés à verser une amende.
Jos.-D. Bégin est reconnu non coupable des trois chefs d'accusation qui
pesaient contre lui. L'accusation contre Arthur Bouchard est abandonnée
après l'acquittement de Bégin. Quant à Gérald Martineau, il est reconnu
coupable et condamné à trois mois de prison; malade, ce dernier purgera
sa peine à l'hôpital.
Selon le criminologue Jean-Paul Brodeur, un des rares spécialistes à
s'être intéressés aux procès qui ont suivi cette enquête, l'instance
judiciaire a été poreuse à l'intérêt politique, sachant s'adapter
spontanément, sans con-trainte ou directives, aux dirigeants politiques
en place.
Brodeur constate qu'«il est difficile de ne pas être frappé par le
fait que les poursuites prises contre d'anciens membres de l'Union
nationale aboutissent toujours à des condamnations sous le régime
libéral de M. Lesage alors que les prévenus sont systématiquement
acquittés ou libérés par la cour après que l'Union nationale a repris le
pouvoir lors de l'élection de juin 1966. Il faut insister sur le fait
que ces acquittements et ces abandons de plainte sont autant le fruit
d'une retraite de la Couronne que d'une délibération du magistrat».
Le criminologue remarque aussi «la disparité saisissante de
l'attitude des juges envers les accusés qui comparaissent devant eux» et
le fait que les magistrats ont tous eu une intention arrêtée d'éviter
autant que possible de donner des sentences d'incarcération. Enfin, il
souligne que les hommes politiques ont tenté de réduire les
répercussions du processus judiciaire afin d'éviter de transformer une
bataille en une guerre ouverte partisane. Il s'agissait d'éviter à
l'avenir d'être victime à leur tour de processus semblable.
Le bilan
Plusieurs années après cette commission, les avis concernant son utilité
sont partagés. Ministre sous Lesage, Bona Arsenault estime que ce fut
«une erreur». L'ancien directeur du Devoir Gérard Filion considère que
Lesage n'aurait pas dû mettre en place cette commission. Selon lui, «la
rançon de négligence ou même de malhonnêteté dans le domaine politique,
c'est encore le fait d'être défait dans une élection. C'est l'électorat
qui est le juge suprême...»
Pour Georges-Émile Lapalme, elle fut «nécessaire, parce que ça
indiquait que ça pouvait arriver, des choses comme ça à l'avenir». Mais
il trouve «curieux» et «décevant» de constater que les principaux
responsables n'aient pas été accusés alors que d'autres l'ont été. Au
final, elle «n'a servi, en somme, qu'à prouver l'inutilité des croisades
et des croisés». Alfred Hardy s'interroge lui aussi sur les
condamnations qui ont suivi cette enquête en se demandant: «Qu'a-t-on
fait de certains ministres qui sont morts millionnaires alors que leur
traitement n'a jamais dépassé 14 000 $ par année? Pourquoi a-t-on
épargné des ministres qui vendaient des nougats avant de faire partie de
l'Union nationale et qui, plus tard, ont laissé plus de 2 000 000 $ à
leurs descendants?»
Quant à Jean Lesage, qui a institué cette enquête, son jugement est
partagé: «Ç'a fait du mal à des gens [...], mais je me demande si ça
valait la chandelle. Malgré que, lorsque je regarde l'autre côté de la
médaille, je vois que c'est probablement une des grandes causes de la
disparition du patronage. [...] Je pense qu'une raison pour laquelle il
n'est pas revenu, c'est l'enquête Salvas.»
Somme toute, l'analyse de la commission Salvas démontre que c'est la
volonté politique des dirigeants en poste et ceux du système
judiciaire, notamment les juges, qui ont joué un rôle important dans
cette commission d'enquête et ses suites. Elle démontre aussi que c'est
«l'intérêt public» qui a guidé les commissaires dans l'orientation de
leurs travaux. Finalement, ses travaux n'ont pas empêché d'entreprendre
des poursuites criminelles contre certains témoins et acteurs.
Quant à l'Union nationale, bien qu'elle reprenne le pouvoir en juin
1966, elle ne cesse de décliner par la suite. Sans compter que le
souvenir d'un parti corrompu et corrupteur lui restera accolé pour
longtemps dans l'imaginaire collectif québécois.
Michel Lévesque - Politologue et historien
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Eau potable : je lève mon verre au maire Angers!
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Publié le 20 Septembre 2011
Il
y a bientôt un an, précisément le 20 octobre 2010, j’assistais au grand
rassemblement à Espace Shawinigan où la Ville de Shawinigan dévoilait
le contenu de son rapport qu’elle avait précédemment remis au ministère
du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).
À ma grande surprise, car je dois
avouer que je m’étais rendu à cette assemblée avec un brin de
scepticisme et d’appréhension, j’avais constaté que la présentation
était bien faite et que l’argumentation des firmes d’ingénieurs et de la
Ville était solide. De toute évidence, le maire Michel Angers avait
réussi à canaliser et à tirer
profit au maximum des qualités et de l’expertise du personnel en place à
la Ville afin de présenter un dossier des plus étoffé aux gens du
MDDEP.
Dans une lettre ouverte adressée
aux citoyens, le maire Angers écrivait ceci : « il en va sûrement de
notre avenir collectif. C’est, à mon avis, une des décisions les plus
importantes que nous aurons à prendre pour l’avenir économique de notre
ville. »
Aujourd’hui, Michel Angers a toutes
les raisons d’être fier du travail accompli. La Ville de Shawinigan
pourra continuer à tirer son eau potable dans les deux lacs actuels tout
en respectant les neuf conditions imposées par le MDDEP. Une économie
de plus de 40 millions de dollars pour les contribuables.
Parmi ces conditions, la Ville
devra trouver une nouvelle source d’alimentation pour les usines Rio
Tinto Alcan et ARBEC qui sont de grands
consommateurs d’eau potable. Une
meilleure gestion de l’eau potable est essentielle afin de protéger les
réserves des lacs à la Pêche et des Piles.
Maintenant, il sera intéressant de
connaître, au cours des prochains mois, les intentions des autorités
municipales quant à la saine gestion de l’eau potable. Il est très
honorable de couper le robinet aux entreprises qui consomment énormément
d’eau potable mais il faudra également légiférer pour conserver la
qualité des eaux des deux lacs. Aussi, les citoyens devront être mis au
pas afin d’en finir avec le gaspillage de l’or bleue.
De plus, le conseil municipal ne
doit pas donner l’impression de fermer la porte à de nouveaux
investissements dans le domaine de l’industrie lourde. Bien que ce
secteur d’activité soit en déclin depuis plusieurs décennies, il ne
faudrait pas que d’éventuels investisseurs soient frileux à l’idée de
s’installer à Shawinigan de crainte de ne pas pouvoir compter sur un
approvisionnement suffisant en eau potable. La Ville devra donc
clairement dévoiler un plan stratégique à cet égard.
J’ai toutes les raisons de croire
que notre maire est conscient de cette problématique. En gardant le
droit de puiser l’eau dans les deux lacs, la Ville conserve une bonne
marge de manœuvre. À maintes reprises, au cours des derniers mois,
Michel Angers a déclaré ne pas vouloir hypothéquer le développement de
Shawinigan tout en affirmant sa volonté d’assurer la santé publique à un
coût raisonnable dans le respect de l’environnement.
Voilà le coup de maître qu’il vient
de réussir. C’est pourquoi je lève mon verre d’eau à la détemination
et au succès de notre maire Michel Angers.
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Des pâtés qui font jaser
«Charité bien ordonnée commence par soi-même», dénonce Jocelyne Dion.

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Publié le 2 Novembre 2011
Bernard Lepage
Sortie d’une commerçante de Grand-Mère contre le conseiller Jacques Grenier
Alors que la Ville y investit des millions de dollars dans des
projets majeurs (Maison de la culture et club de curling), qu’un
regroupement de gens d’affaires multiplie les initiatives pour
redynamiser le secteur, une commerçante de Grand-Mère ferme boutique en
invoquant la concurrence déloyale menée par un conseiller municipal.
- Sujets : Tablée des Nôtres,Association des gens, Les écoles, Secteur Grand-Mère
Propriétaire de la pâtisserie Les Délices à Jojo sur la 6e avenue,
Jocelyne Dion n’a pas renouvelé son bail le 31 octobre, prétextant que
la vente de pâtés par la Tablée des Nôtres lui enlève des revenus
estimés à près de 4000$.
Sur la page d’ouverture de son site Internet (www.patisserielesdelicesajojo.com),
elle met en cause directement l’impartialité du conseiller du district
de la Rivière, Jacques Grenier, président de la Tablée des Nôtres de
Grand-Mère et également membre des Chevaliers de Colomb du Conseil 1209
de Grand-Mère, un partenaire de la tablée dans cette activité bénéfice.
Sur un ton sarcastique, la commerçante remercie sa fidèle clientèle
ainsi que «tous ceux qui ont collaborer (bis) à sa fermeture.»
En fait, seul Jacques Grenier est visé par la sortie de Jocelyne
Dion. Le présentant comme membre du conseil d’administration de
l’Association des gens d’affaires du secteur Grand-Mère, responsable de
la vente des pâtés à la viande des Chevaliers et président de la tablée
populaire de Grand-Mère, elle interpelle directement le conseiller
municipal en lui demandant «Pourquoi ne pas faire comme tout le monde
aux lieux de nuire à vos entreprises dans votre territoire? Exemple: Les
écoles font faire du pain par un boulanger et le vendent. Vous ne
suivez pas les règles de l’art, mais prenez les honneurs et les idées,
le marché des entreprises et l’ouvrage des bénévoles pour vos fins
personnels… Félicitations, pour la bibliothèque outre mer vraiment,
excellente pour les commerçants de votre arrondissement. Félicitations
pour ne pas faire affaires avec vos commerçants pour vos pâtés entre
autres, et prenez leur bénéfice.»
"Vous ne suivez pas les règles de
l’art, mais prenez les honneurs et les idées, le marché des entreprises
et l’ouvrage des bénévoles pour vos fins personnels… "-
Interrogée par L’Hebdo, la propriétaire des Délices à Jojo explique
qu’elle vendait plus de 300 pâtés en 2008 avant que cette levée de fonds
ne soit mise sur pied. L’année suivante, alors que la Tablée des Nôtres
réussissait à en vendre 4000, Jocelyne Dion n’en écoulait que 60. En
2010, plus de 8000 pâtés ont été distribués par la Tablée des Nôtres qui
en a tiré un bénéfice de 28 000$. Pendant la même période, Délices à
jojo n’en aura vendu que quelques unités.
Cette année, dès que Jocelyne Dion a entendu parler que les
Chevaliers remettaient ça pour une 3e année, elle a décidé de mettre la
clé dans la porte. «Charité bien ordonnée commence par soi-même»,
dit-elle en colère.
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Ça ne fait pas très sérieux - Jacques Grenier
Jacques Grenier

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Publié le 2 Novembre 2011
Bernard Lapage
«Si ta business tient à 80 pâtés, ça veut peut être dire que
ça doit pas tellement bien aller. Ça ne fait pas très sérieux comme
affirmation», a déclaré Jacques Grenier lorsque L’Hebdo a voulu obtenir
ses commentaires sur la sortie de Mme Dion.
- Sujets église Saint-Paul,Association des gens, Secteur Grand-Mère,Haïti,
Le conseiller municipal n’était pas au courant de la page Internet
attaquant son impartialité mais il ne s’en faisait pas outre mesure.
«C’est la seule personne qui n’apprécie pas notre levée de fonds»,
dit-il.
Loin de vouloir arrêter, le président de la Tablée des Nôtres annonce
même qu’il y aura une 3e édition en 2011. «Des membres du comité
voudraient en vendre 10 000 cette année», rappelant que les profits
l’année dernière avaient été redistribués dans le secteur Grand-Mère
pour le fonctionnement de la Tablée des Nôtres, à la construction d’une
bibliothèque en Haïti, à la réfection de l’église Saint-Paul, à la mise
sur pied de clubs des petits déjeuners dans les écoles et au financement
de la maison des jeunes. Jacques Grenier se défend de nuire aux
intérêts des commerces environnants. «Je suis en contact par exemple
avec la famille Gauthier d’IGA. Je donne l’occasion aux commerçants de
soumissionner sur les ingrédients nécessaires à la fabrication des
pâtés. Mais il y en a beaucoup qui nous les donne tout simplement.
L’année dernière, on a reçu par exemple plus de 200 lbs de bœuf.»
Vérification faite auprès d’autres commerçants du secteur Grand-Mère
travaillant dans le secteur de l’alimentation, la levée de fonds de la
Tablée des Nôtres n’a pas les impacts négatifs dénoncés par Jocelyne
Dion. Autant chez IGA Gauthier que chez Buffet Grand-Mère par exemple,
on insiste sur l’aspect caritatif de la vente.
Du côté de l’Association des gens d’affaires du secteur Grand-Mère,
le président Jonathan St-Jean, à l’extérieur du pays, n’était donc pas
disponible pour répondre à nos questions. Vice président Développement
des affaires et recrutement au sein de l’association, Sébastien Filion
soutient quant à lui n’avoir jamais eu vent d’un quelconque
mécontentement.
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Shawinigan, le 1 novembre 2011
La ministre Boulet...déboule !
L'ex-ministre des Transports madame
Julie Boulet est à 22% dans les sondages malgré toute l'espace
médiatique qu'on lui accorde dans les journaux régionaux. Elle a beau
distribué des enveloppes de notre argent pour relever le Parti Libéral
et sa propre popularité, elle n'en demeure pas moins qu'elle est très
basse dans les sondages.
Qu'adviendra-t'il des 22% pour les
libéraux dans Laviolette après que la commission d'enquête de la
collusion et de la corruption au ministère des Transports dont elle a
été ministre pendant plusieurs années révèlera les dessous de son
administration ?
Carmen Melançon
Shawinigan, Québec
G9N 6T6
|
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Andrew Coyne: If our leaders were corrupt, would we know it?
Peter Redman/National Post
power.
National Post Oct 25, 2011 – 4:00 PM ET | Last Updated: Oct 25, 2011 3:53 PM ET
The following was adapted from a speech given by Andrew Coyne on Tuesday night at History Wars at the ROM, the first in a series of three debates on Canadian history, held at the Royal Ontario Museum in Toronto.
Between Sir John A. Macdonald’s last plaintive letter to his benefactor in the Pacific Scandal, Sir Hugh Allan — “I must have another $10,000. Will be the last time of calling” — and Brian Mulroney’s furtive receipt, weeks after he left office, of wads of $1,000 bills from the international arms dealer Karlheinz Schreiber, examples of outright corruption among Canadian prime ministers are rare.
But corruption takes many forms. The corruption that Lord Acton had in mind in his famous aphorism was less about narrow monetary gain than power’s inevitable tendency to be abused. Surely the question, then, is not whether power corrupts Canadian prime ministers, but why we should imagine they would be the exceptions to this rule, not least since they are more than usually in a position to be tempted by it. Prime ministers in any Westminster system have always been powerful, but ours have amassed powers that are quite without parallel, if not without limit.
In other countries executive power is subject to various checks and balances. Who or what prevents a prime minister of Canada from doing as he pleases? The governor general? But he is his appointee. The Senate? He appoints all the senators. The courts? He appoints every member of the Supreme Court, and all the federal court judges, too. The bureaucracy? He appoints the clerk of the privy council, every deputy minister, the heads of all the major Crown corporations, even the ambassadors. The police? He appoints the chief of the RCMP. And so on, hundreds and hundreds of posts, great and small, and nearly all without any independent oversight.
Ah, but the prime minister, as we all know, must command the confidence of the House of Commons. Surely that is the ultimate check on his power. Really? He appoints all the committee chairs (or those in which the government has a majority). He appoints not only the cabinet ministers, but the parliamentary secretaries and the whips. So members of the governing caucus have every incentive to seek his favour, and to fear his wrath. For that matter, he effectively appoints the caucus, since without his signature on their nomination papers, they cannot run. Yet they have no similar power over him: Since 1919, party leaders in Canada have been elected, not by the caucus, as in the classical Westminster model, but by the party at large.
In consequence, Parliament has become a kind of electoral college, its sole purpose to translate the votes of perhaps 40% of the electorate into a majority. A prime minister in possession of such a “mandate” decides what will be debated, and, for how long. He decides when Parliament shall be convened, when it should be prorogued, and when dissolved. And if he has to, he has the nuclear option: the power to declare any vote a matter of confidence, and to insist on fresh elections if MPs are so foolish as to defeat him.
Have these powers been abused? Yes. All of them, with increasing frequency. The powers of appointment are a particular example. The Senate is notorious as a repository for party bagmen. Mulroney appointed his wife’s hairdresser to the Federal Business Development Bank. Chrétien made his press secretary governor general. Cabinet itself has become so bloated in size as to be little more than a ceremonial body.
Worse still has been the continual whittling away of Parliament’s ability to hold prime ministers to account. Closure, for example, was once so rare that, when invoked in the matter of the pipeline bill in 1956, Parliament was engulfed for weeks in furious protest. Today it has become routine. Even that most fundamental of prime ministerial obligations, that of commanding the confidence of the House at all times, has come under assault. Paul Martin lost a confidence vote in 2005, yet spent the next nine days using the power he no longer possessed, notably with respect to appointments, to win the votes he needed to regain it. Stephen Harper prorogued the House rather than face a confidence vote he was sure to lose, and prorogued it again to avoid unpleasant questions. Et cetera.
It used to be said that Canada “could never have a Watergate”: that a prime minister, answerable to the House, would be compelled to resign long before things progressed to the cover-up and obstruction of justice stages. But such is the decline of our institutions of accountability, such indeed are the absence of checks and balances, formal or informal, that today one is not so sure. Suppose we did have a Watergate. How would we know?
National Post
Andrew Coyne is national editor for Maclean’s magazine. Andrew Coyne: Si nos dirigeants sont corrompus, aurions-nous le savoir?
Peter Redman / National Post
Premiers ministres canadiens n'ont pratiquement aucun contrôle sur leur alimentation.
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National Post, 25 octobre 2011 - 16h00 HE | Dernière mise à jour: 25 octobre 2011 15:53 HE
Ce qui suit a été adapté d'un discours donné par Andrew Coyne dans la nuit de mardi à Histoire Guerres au ROM, le premier d'une série de trois débats sur l'histoire canadienne, qui s'est tenue au Royal Ontario Museum de Toronto.
Entre Sir John A. Macdonald lettre plaintive dernière à son bienfaiteur dans le scandale du Pacifique, Sir Hugh Allan - «Je dois avoir un autre $ 10 000. Sera la dernière fois d'appeler "- et la réception furtives de Brian Mulroney, semaine après qu'il eut quitté ses fonctions, des liasses de factures de 1000 $ de la communauté internationale marchand d'armes Karlheinz Schreiber, des exemples de corruption pure et simple entre les premiers ministres canadiens sont rares.
Mais la corruption prend de nombreuses formes. La corruption qui lord Acton avait à l'esprit dans son célèbre aphorisme était moins sur le gain monétaire étroit que la puissance inévitable tendance à en abuser. Assurément la question, alors, n'est pas si le pouvoir corrompt les premiers ministres canadiens, mais pourquoi nous devrions nous imaginer qu'ils seraient des exceptions à cette règle, non le moindre, car ils sont plus généralement dans une position pour être tenté par elle. Les premiers ministres dans tout système de Westminster ont toujours été puissant, mais les nôtres ont amassé des pouvoirs qui sont tout à fait sans précédent, si elle n'est pas sans limite.
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Sheila Copps: Les politiciens ne sont pas pires que le reste
Dans d'autres pays le pouvoir exécutif est soumis à différents contrôles et de contrepoids. Qui ou quoi empêche un premier ministre du Canada de faire ce qu'il veut? Le gouverneur général? Mais il est son représentant. Le Sénat? Il nomme tous les sénateurs. Les tribunaux? Il nomme tous les membres de la Cour suprême, et tous les juges de la Cour fédérale, aussi. La bureaucratie? Il nomme le greffier du Conseil privé, chaque sous-ministre, les chefs de toutes les grandes sociétés d'État, même les ambassadeurs. La police? Il nomme le chef de la GRC. Et ainsi de suite, des centaines et des centaines de messages, grands et petits, et presque tous sans aucune surveillance indépendante.
Ah, mais le Premier ministre, comme nous le savons tous, doit obtenir la confiance de la Chambre des communes. C'est certainement la vérification ultime sur sa puissance. Vraiment? Il nomme tous les présidents de commission (ou celles dans lesquelles le gouvernement détient une majorité). Il nomme, non seulement les ministres, mais les secrétaires parlementaires et les whips. Ainsi les membres du caucus qui régissent ont tout intérêt à rechercher sa faveur, et à craindre sa colère. Pour cette question, il nomme effectivement le caucus, puisque sans sa signature sur leur déclaration de candidature, ils ne peuvent pas courir. Pourtant, ils n'ont aucun pouvoir sur lui même: Depuis 1919, les chefs de partis au Canada ont été élus, et non pas par le caucus, comme dans le modèle classique de Westminster, mais par le parti au sens large.
En conséquence, le Parlement est devenu une sorte de collège électoral, son seul but de traduire les votes de peut-être 40% de l'électorat dans une majorité. Un premier ministre en possession d'un tel "mandat" décide ce qui sera débattue, et, pour combien de temps. Il décide alors que le Parlement doit être convoqué, alors qu'il devrait être prorogé, et quand il est dissous. Et s'il le faut, il a l'option nucléaire: le pouvoir de déclarer un vote une question de confiance, et d'insister sur de nouvelles élections si les députés sont assez fous pour le vaincre.
Ces pouvoirs ont été maltraités? Oui. Tous d'entre eux, avec une fréquence croissante. Les pouvoirs de nomination sont un exemple particulier. Le Sénat est notoire en tant que référentiel pour les collecteurs de fonds du parti. Mulroney avait nommé salon de coiffure de son épouse à la Banque fédérale de développement. Chrétien a fait son secrétaire de presse du Gouverneur général. Cabinet lui-même est devenu tellement pléthorique en taille pour être un peu plus d'un corps de cérémonie.
Pire encore a été le grignotage continu l'écart de la capacité du Parlement à tenir les premiers ministres de rendre compte.Fermeture, par exemple, était autrefois si rares que, lorsqu'il est invoqué dans l'affaire du projet de loi de pipeline en 1956, le Parlement a été englouti par semaine en signe de protestation furieuse. Aujourd'hui, il est devenu une routine. Même le plus fondamental des obligations ministérielles premier, celui du commandant de la confiance de la Chambre en tout temps, a fait l'objet d'agression. Paul Martin a perdu un vote de confiance en 2005, mais a passé les neuf prochains jours, en utilisant le pouvoir qu'il ne possédait plus, notamment en matière de nomination, de gagner des voix dont il avait besoin de le retrouver. Stephen Harper a prorogé la Chambre plutôt que d'affronter un vote de confiance qu'il était sûr de perdre, et il a prorogé à nouveau pour éviter les questions désagréables. Et cetera.
Il avait coutume de dire que le Canada «ne pourrait jamais avoir un Watergate»: c'est un premier ministre, responsable devant la Chambre, serait obligé de démissionner, bien avant les choses progressé au cover-up et l'obstruction des stades de la justice.Mais telle est la diminution de nos institutions de responsabilisation, tels sont en effet l'absence de freins et de contrepoids, formels ou informels, qui aujourd'hui n'est pas si sûr.Supposons que nous avons eu un Watergate. Comment saurions-nous?
National Post
Andrew Coyne est éditeur national pour le magazine Maclean.
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Publié le 25 octobre 2011 à 07h08
L'arrestation de Mouna Diab étonne à Hérouxville
Mouna Diab lors de sa visite à Hérouxville en 2007.
PHOTO: SYLVAIN MAYER
 |
Louise Plante
Le Nouvelliste |
(Hérouxville) Mouna Diab, cette jeune femme musulmane qu'on a vue
débarquer le 11 février 2007, à Hérouxville, avec un groupe de femmes
pour une visite amicale dans le but de combattre les préjugés négatifs
contre les musulmans, a comparu la semaine dernière au palais de justice
de Montréal.
Elle est accusée d'avoir tenté, le 19 mai dernier, d'exporter des
pièces d'armes d'assaut (AR-15), alors qu'elle se rendait au Liban, et
ce, en violation de l'embargo des Nations-Unis.
Elle a été arrêtée à l'aéroport Pierre-Trudeau sans avoir pu
s'embarquer.La jeune femme a plaidé non coupable. Elle doit comparaître à
nouveau le 10 novembre. Elle n'a fait aucune déclaration et sa famille
vivant à Laval a refusé de commenter l'affaire.
Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson, n'en revenait tout simplement pas. Un journaliste du National Post tentait
d'ailleurs encore de le contacter, lundi matin, pour connaître ses
impressions. C'est que le code de vie d'Hérouxville et ses répercussions
au Québec, (dont la Commission Bouchard -Taylor) ont fait le tour du
monde. Alors qu'il participait à une conférence de presse de la ministre
Julie Boulet dans sa localité, le maire Thompson était encore
visiblement incrédule face à ce nouveau rebondissement.
«Cette histoire m'a étonné pour le moins, même si on pouvait se
douter à l'époque que ces jeunes faisaient partie d'un mouvement
étudiant revendicateur assez fort (trois jeunes hommes membres de
l'Association des jeunes libanais de Montréal les accompagnaient). Mais
de tomber sur un article comme ça, (qu'une amie lui a signalé) qui parle
d'armement! Ça m'étonne beaucoup. Ça voudrait peut-être dire à ce
moment-là, qu'on n'avait pas complètement tort de prétendre que tout se
fait parfois sournoisement et tranquillement. C'est ça ma crainte. On ne
sait pas à qui on a affaire. C'est une culture qui est différente avec
une façon de voir les choses différente aussi.»
Le maire ajoute qu'on a beau être très réceptif, et analytique, quand
on voit une nouvelle comme celle-là on ne peut que se dire: «Ce n'est
pas possible!»
«Ces gens-là nous ont dit en 2007: non, nous ne sommes pas dans ce
domaine-là (le terrorisme) et regardez, c'est une personne qui serait
accusée d'exportation d'armes vers le Liban. Ça me semble très gros.
Surtout, si on compare ce conflit avec Hérouxville.»
Si la jeune femme était sincère à l'époque et s'il s'agit bien
d'elle, comme le prétend le National Post, le maire se demande ce qui a
bien pu se passer pendant ces années pour qu'elle épouse une cause
semblable. «C'est difficile à analyser. Qu'est-ce qui fait qu'une
personne change?»
Rappelons que l'instigatrice du voyage à Hérouxville était Najat
Boughaba. Cette dernière avait été reçue par Luce Drouin, l'épouse du
controversé auteur du code de vie d'Hérouxville, André Drouin: code qui
prévenait les immigrants intéressés à s'installer dans cette petite
localité de la Mauricie, que l'excision, la lapidation et le port de la
burqa étaient interdits à Hérouxville.
Cette visite avait lieu alors que le Congrès islamique canadien ainsi
que d'autres associations musulmanes avaient annoncé leur intention de
déposer une plainte contre Hérouxville pour violation de la Charte
canadienne des droits et libertés.
La visite des femmes musulmanes s'était bien déroulée et des cadeaux avaient été échangés.
Soulignons enfin qu'en mai dernier, André Drouin avait confié lors de sa participation au documentaireLiberté, égalité, accommodements de
Stefan Nitoslawski, qu'il avait conçu son code de vie d'abord comme un
document provocant... et qu'il avait ri aux larmes en l'écrivant.
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50
penseurs pour un monde nouveau
Le nouveau documentaire d'Hugo Latulippe propose une réflexion postcapitaliste
Photo : Esperamos Films
«S’il y a une utopie, c’est celle d’être mieux avec moins», dit le
metteur en scène Dominic Champagne, l’une des personnalités s’exprimant
dans le documentaire République, un abécédaire populaire, d’Hugo
Latulippe.
Exaspéré par la faiblesse des idées émanant de la classe politique
actuelle, le réalisateur Hugo Latulippe a réuni une cinquantaine
d'artistes, d'intellectuels, de gens impliqués dans l'action sociale et
de politiciens québécois de toutes générations. De là est né République,
un abécédaire populaire, un documentaire qui se veut une invitation à
réfléchir à un nouveau modèle de société qui permettrait de remettre le
Québec sur la voie d'une véritable modernité.
«Ce que je constate, c'est que sur la place publique, il y a en ce
moment une grande pauvreté d'idées de la part des gens qui font la
politique active, explique le documentariste. Mais cette pauvreté-là
n'est pas représentative de ce qu'il y a comme idées en circulation dans
le Québec d'aujourd'hui. Il y a une sorte de mur entre les bonnes idées
et l'Assemblée nationale.»
«Je suis loin du Québec pour deux ans, ajoute-t-il, mais cette idée
ne me sortait tellement pas de la tête que je suis revenu au Québec pour
tourner ce film au printemps passé. Ce documentaire est donc plus un
"projet" qu'un film.» On ne peut évidemment pas approfondir tous les
enjeux en une heure trente. Mais selon ce qu'a constaté Le Devoir, qui a
pu visionner le documentaire avant sa présentation au Festival du
nouveau cinéma, on peut amplement donner matière à réfléchir, et
pourquoi pas, le goût d'agir. Bref, inciter des citoyens à lancer cette
«vague» qui provoquerait les changements que le réalisateur souhaite
tant voir survenir. «Ce film annonce, je l'espère, que le temps des
bouffons achève. Il faut remettre le Québec sur la voie du progrès
humain, de la vraie modernité. Remettre le Québec sur la voie du sens.»
Ce vaste programme passe par une remise en question de notre façon
de voir la démocratie, l'éducation, la santé et l'environnement, mais
aussi le système économique capitaliste et son dogme de la croissance
éternelle. Plusieurs des intervenants qui défilent devant l'objectif
d'Hugo Latulippe écorchent d'ailleurs les idées reçues qui ont permis
d'ériger ce système en finalité immuable. «Lucien Bouchard nous dit:
"allez travailler, bande de paresseux". Mais je pense qu'il faut avoir
le courage de s'opposer à ça, lance le metteur en scène Dominic
Champagne. C'est être plus souverain que de bâtir cet espace de liberté.
On sait objectivement que si on demande aux autres habitants de la
Terre d'adopter notre mode de vie, on mène la Terre à sa perte. Ce n'est
pas praticable. S'il y a une utopie, c'est celle d'être mieux avec
moins. Mais ça va nous demander des efforts et un courage beaucoup plus
grands que d'augmenter le produit intérieur brut. C'est une expérience
de vide.»
Une telle réflexion, en rupture totale avec le discours politique
ambiant, s'inscrit en effet dans un contexte où les économies émergentes
aspirent à un modèle de consommation calqué sur celui de l'Occident.
Or, rappelle le réputé sociologue Guy Rocher, «nous venons de vivre une
crise économique due à des raisonnements d'économistes qui ont encouragé
une consommation folle aux États-Unis». Même Claude Béland, ancien
président du Mouvement Desjardins, lance un avertissement: «Tant qu'on a
cette mentalité de faire de la production de richesse l'élément
principal du développement, on s'en va vers des crises.»
M. Latulippe — qui a notamment réalisé le très percutant Bacon, le
film, une critique virulente de l'industrie porcine — se désole
d'ailleurs du fait que le Québec n'envisage absolument pas un nouveau
modèle économique. «Alors que la London School of Economics étudie les
concepts de décroissance ou encore d'économie postcapitaliste, chez
nous, ces concepts apparaissent complètement farfelus. Pourtant, il faut
faire entrer le Québec dans une nouvelle ère postcapitaliste. Il faut
réfléchir au prochain pas.»
Et la question environnementale devra être au coeur de ce nouveau
paradigme, affirme sans détour le réalisateur. «Il faut maintenant tenir
compte des limites du vivant et introduire les notions d'environnement
et inventer une nouvelle société.» Le cofondateur d'Équiterre, Steven
Guilbeault, dit d'ailleurs constater un véritable «état de panique» au
sein de la communauté scientifique quant au rythme auquel les effets des
changements climatiques se matérialisent. Au point où si rien de
significatif n'est fait d'ici une décennie, le pire sera à prévoir.
Mais le hic, encore une fois, c'est que la classe politique ne
semble pas prendre la mesure des défis auxquels le monde fait face. M.
Latulippe ne mâche d'ailleurs pas ses mots lorsque vient le temps de
qualifier les Stephen Harper, Jean Charest ou même François Legault de
ce monde. «Ce sont des gens qui ne sont que des suiveux de l'époque et
qui essaient de s'infiltrer dans les craques du n'importe quoi. On n'a
pas besoin d'eux. On a besoin de gens inspirés et inspirants.» Le
Zapartiste Christian Vanasse insiste donc, dans République, sur
l'absolue nécessité de redonner «le goût de rêver» aux citoyens. «Quand
les gens vont se mettre à rêver, il vont enfin arrêter de regarder des
politiciens qui sont des murs beiges de gyproc qui ne font que nous
promettre qu'à la fin de l'année, on va avoir 2000 $ de plus à mettre
dans notre REER.» Ils retrouveront peut-être alors le goût de prendre
pleinement part à la vie démocratique du pays qu'ils habitent.
Hugo Latulippe, qui a une dizaine de documentaires à son actif, dit
avoir confiance dans les citoyens du Québec. «J'ai l'impression qu'on
approche d'un point de rupture. J'y crois. Mais on va devoir accélérer
les choses parce qu'il y a des gens qui vont faire beaucoup de dommages
sur notre territoire. Le Plan Nord est un exemple de cette menace
gigantesque. [...] On peut tous faire des gestes cohérents de citoyens
au quotidien, mais ça ne suffit plus. Le pouvoir s'exerce encore à
l'Assemblée nationale et on va devoir y aller un jour.»
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Shawinigan, le 21 octobre 2011
La place des privilèges
Pourquoi retrouvons-nous autant d’organismes de développement
économique comme exemple Shawinigan si on retrouve sur les conseils
d’administration presque les mêmes personnes qui siègent de l’un à
l’autre. Pensons au Centre Local de Développement de Shawinigan, la
Société de Développement de Shawinigan, la Société d’investissement de
Shawinigan (Solide), la Conférence Régional des Elus où on retrouve
plusieurs de nos élus ou directeurs de ces organismes sur les conseils
d’administration. On peut faire le même constat au niveau fédéral avec
la SADC et le Fonds Laprade. Combien coûtent l’ensemble de ces
organismes aux contribuables puisque chacun reçoit des subventions de
fonctionnement ?
Pourquoi
ne pas regrouper ces organismes dans un seul organisme qui aurait un
conseil d’administration et qui rendrait des comptes à la population car
présentement il y a bien des choses qui échappent aux contribuables.
C’est à la grandeur du Québec que l’on devrait faire la même chose dans les municipalités.
Shawinigan,
Est-ce que l'ex ministre des Transports était au courant que tous
les contrats d'asphalte octroyés au Québec lorsqu'elle était ministre
ont été octroyé à 3 compagnies seulement et leurs filliales ? Sinon, où
était sa compétence de ministre des Transports du Québec ?
Carmen Melançon
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Publié le 18 octobre 2011 à 10h33 |
Haussez le salaire minimum!
Dimanche, c'était la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté et le Comité d'action des non-syndiqué-es (CANOS) en profite pour rappeler aux élus québécois l'importance d'agir pour sortir les travailleurs au salaire minimum de la précarité financière qu'ils vivent actuellement.
En 2008, le gouvernement du Québec avait amorcé une série d'augmentations importantes du salaire minimum (50 cents par année sur trois ans) nous permettant d'espérer l'atteinte d'un revenu de travail décent. Cependant, nos espoirs furent déçus par l'augmentation entrée en vigueur le 1er mai dernier, augmentation insuffisante pour couvrir l'indice des prix à la consommation (IPC) et les différentes hausses de tarifications annoncées dans le budget du Québec en 2010 et entrant en vigueur en 2011.
Rien dans la situation économique du Québec ne justifie un tel déni de l'importante contribution de ces salariés au développement économiques de leur localité et de leur région. Les hausses précédentes n'ayant pas donné raison aux mauvais présages des associations patronales de pertes d'emplois pour ce type de salariés. Au contraire, pendant cette période, les ventes au détail ont augmenté démontrant ainsi que les augmentations salariales sont directement réinjectées dans les commerces locaux, principaux employeurs des personnes payées au salaire minimum.
Nous nous inquiétons aussi du choix de la Mesure du panier de consommation (MPC) comme seuil de pauvreté pour le Québec. Cette mesure indique le revenu minimum nécessaire pour survivre et ne tient compte d'aucune façon de l'accès à un niveau de vie décent en comparaison du reste de la société. Le travail devrait permettre l'atteinte d'un tel niveau de vie, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas pour les travailleurs au salaire minimum.
Nous demandons donc au gouvernement du Québec de hausser substantiellement le salaire minimum pour permettre à une personne seule d'atteindre un niveau de vie décent et de participer activement au développement de la collectivité québécoise. Nous lui demandons aussi de réviser le seuil de pauvreté, de manière à tenir compte du bien-être global des personnes afin de valoriser le travail et diminuer les impacts de l'insécurité financière sur la santé générale des Québécois et des Québécoises rémunérés au salaire minimum.
Marie-Josée Magny
coordonnatrice
CANOS
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La compétence d'un juge
Georges A. LeBel - Professeur de sciences juridiques à l'UQAM - Montréal, le 17 octobre 2011 19 octobre 2011 Canada
Au-delà de l'outrage nationaliste qui sera attisé, trois conséquences juridiques inquiétantes résultent de la décision de nommer un juge unilingue anglais à la Cour suprême du Canada:
D'abord, la Cour ignorera les élaborations théoriques du droit civil d'origine francophone. Il est vrai qu'il existe une version anglaise du Code civil, mais en cas de divergence, le français y prévaut et il doit être interprété à la lumière de travail séculaire des grands commentateurs qui écrivent en français.
Ensuite, cela signifie que tous les juristes québécois qui écrivent en français, quelle que soit leur spécialité, peuvent faire leur deuil d'être même entendu par la Cour suprême, qui ne les lit déjà pas beaucoup. Oublions donc l'efficacité de la doctrine francophone au Canada et l'utilité pratique des revues de droit.
Enfin, cela signifie que la Cour d'appel du Québec devient l'instance finale au moins en droit civil, car le juge incompétent n'aura pas l'outrecuidance de statuer sur ce qu'il ne connaît pas d'une part; et ce juge ignorant notre droit ne peut se récuser puisque les francophones plaideraient alors devant un juge en moins. Ces deux effets violeraient le principe de «l'égalité devant la loi», fondement d'un régime qui se prétend démocratique (art.1 Charte constitutionnelle).
***
Georges A. LeBel - Professeur de sciences juridiques à l'UQAM - Montréal, le 17 octobre 2011
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Publié le 17 octobre 2011 à 09h20
Hérouxville: qui berne qui?
Le maire Bernard Thompson
Photo: Éric Guertin
(Hérouxville) Qui berne qui à
Hérouxville? Des citoyens du secteur Lac-à-la-Tortue n'en sont pas
encore revenus que le maire Bernard Thompson ait déclaré au Nouvelliste
qu'ils avaient berné la Municipalité en faisant circuler en 2010 une
pétition contestant une proposition de changement de zonage (qui a
d'ailleurs été battue), alors que l'idée revient à nouveau, enfouie
cette fois dans un projet beaucoup plus ambitieux de nouveaux Plan et
règlements d'urbanisme.
«On nous présente
la même chose dans un autre emballage! C'est nous qui nous sentons
bernés par le conseil», déclarent unanimement Carl Gagnon, sa conjointe
Marie-Josée Mercure et Marielle Magnan qui ne comprennent pas qu'au
moment de refaire entièrement le plan d'urbanisme, le comité consultatif
d'urbanisme n'a pas tenu compte de ce qui s'est passé l'an dernier. «On
se sent des citoyens de deuxième zone. On se sent à l'écart», déclare
M. Gagnon.
Mme Mercure explique qu'elle est une profane en matière municipale et
que les démarches complexes qu'elle a faites en 2010 avaient exigé
beaucoup de travail. «Je n'avais jamais fait de pétition avant et on a
dû prendre notre courage à deux mains pour passer de porte en porte.»
Loin d'avoir induit en erreur son voisinage du Lac-à-la-Tortue en les
prévenant que le conseil s'apprêtait à changer le zonage pour permettre
l'arrivée d'ateliers artisanaux dans ce secteur de villégiature, elle
dit avoir été fort bien accueillie par ses voisins qui l'ont remerciée
de sa vigilance, car la majorité n'avait pas prêté attention à l'avis
public. Cent vingt-neuf des 140 personnes admissibles ont signé la
pétition et contribué ainsi à stopper le changement de zonage.
Or, le conseil revient à la charge avec un projet complexe, difficile à
comprendre pour des néophytes, avec de nouveaux termes, de nouveaux
numéros et des désignations qui viennent régulariser certains petits
commerces contrevenants déjà en place. Cette nouvelle mouture du plan
d'urbanisme a été recommandée par le comité consultatif d'urbanisme de
Hérouxville. Il a été présenté lors d'une assemblée de consultation le 4
octobre dernier, à laquelle ont participé une cinquantaine de
personnes.
Un peu découragés, les trois citoyens craignent de devoir reprendre le
dossier à zéro, et ce, malgré que le maire Thompson eut déclaré en 2010,
devant l'ampleur inhabituelle des signatures du registre, «qu'il ne
pouvait aller à l'encontre de la volonté de la population.»
Ils attendent donc avec impatience mais aussi inquiétude, la version
finale du plan d'urbanisme qui sera présentée à la population. Du côté
de la Municipalité, on n'a pas encore arrêté de date pour la prochaine
assemblée spéciale mais elle pourrait avoir lieu avant la séance du
conseil du mois de novembre.
Citant Louis Filteau, directeur du service d'aménagement du territoire à
la MRC de Mékinac, qui a présenté le projet le 4 octobre dernier, Mme
Magnan conseille aux Hérouxvillois d'aller vérifier personnellement au
bureau municipal l'impact sur leur propriété du nouveau plan
d'urbanisme... sous peine de se retrouver avec des commerces ou ateliers
artisanaux indésirables dans leur voisinage, et ce même en zone de
villégiature.
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Publié le 03 octobre 2011 à 07h02 | Mis à jour le 03 octobre 2011 à 07h02
Du Nunavik à Sainte-Thècle
Mélanie Cossette-Gagnon avec son époux David Rouault et leurs enfants Elouann, Damien et Rose-Alice.
Photo: Sylvain Mayer
(Sainte-Thècle) Si certains médecins
sont attirés avant tout par la fine pointe de la technologie et
l'hyperactivité des grands centres hospitaliers de métropoles, il en va
tout autrement pour Mélanie Cossette-Gagnon. De retour d'un épisode de
neuf ans de pratique au Nunavik, la médecin de famille s'établit à
Sainte-Thècle. Par choix.
Famille prend
tout son sens pour celle qui a dit aux Inuits qu'elle a quittés, cet
été: «Vous m'avez montré que la famille est importante pour vous. C'est
la raison pour laquelle je vous quitte. Ce n'est pas parce que j'en
avais assez». La médecin revient dans le village de son enfance pour que
son aîné puisse commencer l'école en français.
L'aîné en question, Elouann, cinq ans, est le grand frère de Damien,
deux ans et demi, et Rose-Alice, sept mois. Les trois enfants sont nés
pendant le séjour de leurs parents à Inukjuak, une communauté de quelque
1600 habitants à l'est du Nunavik, près de la baie d'Hudson, à cinq
heures d'avion de Montréal.
Si ce n'était du fait que les premières années d'école primaire sont
dispensées en inuktitut, la médecin aurait probablement continué à
offrir ses services dans le dispensaire où elle partageait le travail
avec un autre médecin et les six infirmières cliniciennes qui les
secondaient.
Le travail de la médecin en milieu isolé est on ne peut plus varié.
Potentiellement en une journée, la docteur Cossette-Gagnon pouvait
examiner un bébé naissant, soigner une pneumonie sévère, visiter à
domicile une personne mourante et recevoir un schizophrène en crise.
«Dans un village isolé non relié par la route, il faut être capable de
recevoir n'importe quelle urgence», résume la médecin. Les cas les plus
lourds et/ou nécessitant des ressources matérielles et humaines
spécialisées sont évacués vers des hôpitaux soit du Nunavik, soit du
«sud», selon l'intervention à pratiquer ou la maladie à traiter.
La moitié des patients qu'elle traitait devaient être accompagnés d'un
interprète. La médecin pouvait communiquer avec les autres en anglais ou
en français.
Guatemala, Haïti, Bénin, Inukjuak...
Avant même de mettre les pieds dans le Grand Nord canadien, Mélanie
Cossette-Gagnon avait préparé sa carrière médicale plus au sud.
«Je me destinais à quelque chose d'international. Je me voyais dans
Médecins sans frontières», raconte celle qui a eu un coup de coeur pour
les études en médecine lors d'une journée carrière au Séminaire
Saint-Marie.
La jeune femme se souvient avoir entendu la médecin de famille Marie
Bonner parler de son métier lors de cette activité d'orientation et de
s'être sentie interpellée par «la belle variété et la liberté de
pratique» de la profession de médecin de famille. Après des études au
Collège Laflèche, la Thècloise a complété ses études en médecine à
l'Université de Montréal.
L'étudiante a profité de toutes les occasions qui se sont présentées
pour vivre des expériences à l'étranger. Elle a réalisé des stages au
Guatemala, en France et en Belgique. Avant d'entreprendre sa résidence,
elle s'est permis une pause, pendant laquelle elle a oeuvré cinq
semaines en Haïti et cinq mois au Bénin.
Ces expériences dans les dispensaires mobiles l'ont confrontée à des
pathologies peu fréquentes au Québec, comme la malaria, le palludisme et
la lèpre. Le spectre du sida, encore tabou au Bénin en 2000, planait
aussi sur les interventions de la future médecin.
De retour au Québec, l'étudiante a entrepris sa résidence à Montréal. Au
CLSC des Faubourgs, elle a soigné une clientèle marquée par
l'itinérance et la prostitution, entre autres. Pendant sa résidence,
elle a effectué son stage à option d'un mois à Inukjuak.
C'était en novembre 2001.
«J'ai été renversée par mon expérience là-bas. De voir qu'on pouvait
être chez nous et se sentir si ailleurs. Et de voir ce peuple avec une
toute autre culture, mais aussi démuni...».
En mai 2002, après la fin de ses études, elle s'établissait à Inukjuak
avec son conjoint, Français d'origine, aussi séduit par l'endroit.
Une expérience familiale
Pour Mélanie Cossette-Gagnon, l'expérience au Nunavik en a été une de famille.
Ce n'est qu'à sa 35e semaine et demie de grossesse qu'elle est
«descendue au sud» pour son premier accouchement. La nouvelle maman
s'est accordé un congé de sept mois avant de reprendre sa pratique. «En
2008, après la naissance de Damien, nous avons décidé de remonter avec
les deux enfants».
Ingénieur en informatique de formation, son époux David Rouault a un peu
travaillé dans son domaine avant de se consacrer au soin des enfants
quand le couple a décidé d'en avoir. C'est dans le Grand Nord qu'il a
développé sa passion pour le parapente, et de retour dans Mékinac, il a
démarré son entreprise de fabrication de paramoteurs.
«C'était déjà prévu que nous revenions ici pour l'école d'Elouann. Mais
nous sommes retournés à Inukjuak cet été pour cinq semaines. C'était
important pour moi de présenter ma fille à la communauté et de lui faire
mes aurevoir. J'ai autant à leur être reconnaissante qu'il peuvent
l'être envers moi. Nous avons été heureux là-bas.»
L'idée de s'établir à Sainte-Thècle allait de soi pour la jeune femme
qui souhaitait notamment se rapprocher de ses parents et pratiquer dans
cet environnement où elle a grandi.
D'ici les Fêtes, la médecin de 36 ans travaillera trois jours par
semaine à la Coopérative de solidarité santé de Sainte-Thècle. Dès
janvier, elle ajoutera des quarts de garde au CLSC et au CHSLD de son
territoire. La médecin de famille se trouve à récupérer les dossiers de
quelque 400 patients suivis par une médecin qui a quitté.
«Dans un grand centre, les gens peuvent avoir l'impression qu'ils sont
près de tout. Moi, je trouve qu'ils sont loin de plusieurs choses. Il y a
le trafic, la circulation, mais on peut être loin des gens. Ici, je
pourrai être à l'écoute, près des gens. Aussi, je redécouvre la région.
Il y a tellement de choses à faire, et on est près de la nature»,
apprécie-t-elle.
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Publié le 01 octobre 2011 à 00h00 | Mis à jour le 01 octobre 2011 à 00h00
Haltes routières... pour chevaux
On bichonne de plus en plus les chevaux dans la MRC de Mékinac où on s'apprête à installer des haltes équestres avec douches.
Photo d'archives: Ève Guillemette
(Hérouxville) La MRC de Mékinac va
bel et bien de l'avant avec son projet de devenir LA destination
équestre de l'est du Québec. Cinq municipalités viennent en effet de se
mettre d'accord pour aménager chez elles une halte équestre où cavaliers
et chevaux pourront se rafraîchir et, dans le cas de ceux qui font de
longs parcours, se doucher.
Le maire de
Hérouxville, Bernard Thompson, rappelle qu'il existe une clientèle
québécoise et européenne très intéressée par des sorties de plusieurs
jours à cheval et qu'on retrouve environ 100 kilomètres de sentiers dans
Mékinac dont le sentier Pégase.
En conséquence, il faut prévoir des infrastructures pouraccommoder tout ce beau monde, les cavaliers comme leurs montures.
Des blocs sanitaires seront donc installés dans cinq municipalités
constituant un premier circuit soit Hérouxville, Saint-Tite,
Notre-Dame-de-Montauban, Lac-aux-Sables (Hervey-Jonction) et
Saint-Séverin. Il est question d'abreuvoirs et de douches et même
d'installations extérieures pour rafraîchir les chevaux: dalle de béton,
barre d'attache et boyaux d'arrosage. Ces équipements seraient aménagés
près d'écuries déjà existantes comme à Saint-Tite ou d'entreprises
équestres comme le Parc équestre de la Mauricie, afin d'éviter les
endroits isolés et le vandalisme.
Les municipalités comptent par ailleurs conclure une entente de gestion
avec le Club des 4 fers, un organisme sans but lucratif, ce qui leur
permettrait de faire appel au Pacte rural de la MRC de Mékinac le mois
prochain, pour obtenir une partie du financement nécessaire à
l'aménagement de ces équipements.
M. Thompson insiste, il s'agira de véritables haltes pouvant aussi
recevoir les simples touristes spectateurs, attirés par les compétitions
équestres.
Le maire Thompson ne doute pas du succès que remporteront ces
installations compte tenu des résultats étonnants obtenus avec une
simple carte des sentiers de la MRC offerte aux amateurs de chevaux cet
été.
Ce dernier se félicite par ailleurs du comité équestre mis sur pied dans
la MRC de Mékinac, auquel participe l'organisation du Festival western
de Saint-Tite et qui suscite une belle concertation.
«Nous allons d'ailleurs organiser une rencontre bientôt avec les gens de
chevaux (école, pension, écurie, parc etc.) pour aller chercher le
pouls et voir à quoi ils s'attendent.»
Michel Gervais, du Parc équestre de la Mauricie, se réjouit de ce
développement, lui qui multiplie les activités à son parc. Il a tenu
cinq compétitions cette année et compte en organiser davantage l'an
prochain.
«On a attiré des gens qui sont venus du Saguenay, de Lanaudière, du
Centre-du-Québec (pour les compétitions classiques dans ce dernier cas)
et qui ont adoré la place. Mais pas de douches, c'est moins intéressant.
Moi et d'autres promoteurs voulons développer le tourisme équestre. On a
l'équipement pour les campeurs dans la région, mais il manque des
installations pour les chevaux. L'année prochaine, on les aura. Ce sera
même intéressant pour les gens des pistes cyclables qui pourront
pique-niquer à ces haltes et voir les chevaux. On est toujours heureux
de montrer nos bêtes», assure-t-il.
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